Le cavalier blanc le plus connu est sans doute celui des romans médiévaux, tout de blanc vêtu en signe de pureté et montant un cheval blanc.

Il se décline aussi en version partielles: cavalier à monture blanche, ou seulement vêtu de clair.

Le thème est ancien. Très ancien... Mais la signification qui s'y rattache n'est pas toujours la même. Il y a pourtant au moins un dénominateur commun: le cavalier blanc vient d'ailleurs, et ne restera pas une fois sa tâche accomplie. 

Le "cavalier blanc" relève de l'intervention d'une puissance supérieure. Non forcément par sa nature, qui peut très bien être tout à fait humaine, mais par l'opportunité de son arrivée, qui est comme un rayon de lumière. 

Le plus ancien est sans doute à chercher dans la mythologie védique, en la personne du 10° avatar de Vishnou. On remonte très haut, et en plus celui-là est un dieu. Pour ne rien arranger, il n'a pas encore pointé son nez et fait partie de ces entités qui sont "à venir".

Cavalier-Blanc

Comme les Cavaliers de l'Apocalypse,  le chevalier Kalkî ne viendra qu'à la fin du Monde. Il montera un cheval blanc et sera armé d'une épée flamboyante. Son nom signifie "destructeur des impurs". Tiens? Il a des airs de parentés avec la thématique apocalytique du christianisme (Jugement Dernier). Dans les deux cas, la "fin du monde" n'est que l'annonce d'un autre, meilleur.

Plus près de nous, ou bien moins loin, il y a Lancelot, et son fils Galaad, ainsi que les chevaliers portant une cotte d'armes blanche ornée d'une croix, soit pour une Croisade, soit parce qu'ils faiaient partie d'un ordre chevalier.

Tarot-Charriot

Dans la culture occidentale, les cavaliers ont pris très facilement une place récurrente. l'association de couleur blanc ou noire n'est pas systématique et elle n'est pas non plus toujours très franche, surtout de nos jours, où on ne prise plus qu'à demi les éléments symboliques, trop évocateurs de cliché.

Notons quand même que l'emploi de cavaliers (blanc ET noir) en éléments ludiques et ésotériques tels que les échecs et le tarot ne peut qu'avoir aidé à maintenir la dualité d'opposition entre ces deux thèmes.

Là, tout à coup, je me demande pourquoi j'aime mieux le cheval noir aux échecs...

J'en entends, derrière leur écran, qui ricanent d'un air critique et hurlent au pléonasme. Non. Dualité et opposition ne vont pas toujours de pair. Parfois, la dualité se traduit par une fusion des contraires qui se complètent au lieu de s'entre-détruire. Cependant, dans les univers occidentaux, c'est le plus souvent celle d'opposition qui domine.

  Cataloguer tous les chevaliers blancs serait trop long...

 je saute directement  à celui du Western (avatar récent mais bien connu)

 Le "cavalier blanc" de la mythologie Western relève de la Providence et des minuscules coups de pouce que le Divin fait tomber sur le fonctionnement du monde humain. Voire moins encore qu'un coup de pouce. Un souffle, ou un cheveu qui traîne.  Un petit rien, qui ne dépasse pas l'échelle humaine, mais qui change quand même tout.

La création du Poor Lonesone Cow Boy (le 7 décembre 1946) a fait de ce thème du cavalier providentiel un incontournable que connaissent tous les enfants, y compris les grands. Notez... Il n'a fait que prendre la place à d'autres.  Prince Vaillant aussi montait un cheval blanc et était remarquable de bonne humeur et de malice (seulement, lui, il ne mettait pas les mêmes Daltons en cage un épisode sur deux).

Sur l'étagère des genres "plus à la mode", le Western n'est pas seul. L'Heroic Fantasy a porté une rude concurence au Roman de Cape et d'Epée et à toutes les thématiques historiques où on se bat à coup d'épée. Des genres qui étaient déjà en perte de vitesse, peut-être par manque de modernisme ou de renouveau (ne n'est pas le sujet de cet article) mais où à l'évidence le thème du chevalier blanc était d'usage courant et facile.

Le cow-boy aurait-il été un prince charmant moderne, dans les années où s'effectuait se tournant? S'il l' été, il ne l'est pas resté, car enfin, dès les années 70 (et 80 encore plus) le chevalier blanc des Western est un peu crasseux.

Dans "Il était une fois dans l'Ouest" (1968), il n'a pas de cheval, mais une chemise blanche...

Ouais. OK. Dans "L'homme qui n'a pas d'étoile"(1955), il arrivait déjà en train, et la chemise n'est même pas blanche, mais seulement bleu clair.

Dans "Pale Rider" (1985), il est associé au texte de l'Apocalypse. Là, le cheval est pâle, mais pas vraiment blanc.

Dans "Impitoyable" (1992), il est...  impitoyable.

Une chose est sûre :

le cavalier providentiel du western a oublié d'être 100% lumineux.

On est loin du conte de fées avec soleil couchant sur les Rocheuses...

 

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Illustration : Cavalier d'échecs
& Arcane Majeure des Tarots VII "le Char"

 

Article "Pale Rider".