Pont-de-Epee--L300

- « Holà ! Veuillez lâcher cette demoiselle et venir vous battre, si vous l'osez ! Ce sera aux armes de votre choix!

- Heuuuooonnnn ????

- Aaaagghh ? Mmmmhhh ??? »

Hochant la tête en avalant sa porée, Constance leva un doigt pour donner indication à Bernardine de dire sa pensée.

- « Ils ne parlent pas. »

Pensée qui, si elle était bien celle de Constance fut cependant très vite démentie.

- « Il nous prend pour qui, l'autre, là ?

- On est des bandits, pas des chevaliers.

- Je ne suis pas chevalier non plus, mais cette demoiselle est sœur de celle que j'aime. Je ne laisserai personne lui faire du mal.

- Ah zut... On s'est trompés... Normalement, on doit enlever la fiancée du neveu du roi.

- Le neveu du roi c'est moi, là d'où nous venons vous et moi, mais ici, je ne suis rien, et surtout pas le fiancé de qui que ce soit... Pas encore... Cornegidouille ! Vu la tronche que tirent les parents et les grands-parents de ma douce amie, j'ai pas idée que ça changera de sitôt.

- Ah... C'est notre faute, ça prince Ignacio... On aurait pas dû attaquer comme ça, sans se renseigner avant...

-Pis c'est embêtant, prince Ignacio... On fait quoi, si on peut pas enlever ta promise et que tu peux pas nous ratatiner pour ça ?

- Pis même que la semaine prochaine, on t'aurait attaqué dans le dos, pour se venger et pis t'apprendre à pas nous avoir tués. Ca aurait été drôlement rigolo.

- Rigolo, si ça avait marché... Ton précepteur, il est toujours là où y faut pas, et pis il a des façons de se battre, c'est pas correct.

- Heureusement, toi, t'es bien. Tu sais que des pauvres gars comme nous, y faut les ménager.

- Ouais. T'es un chic type, mais on devait quand même se battre avec toi, alors on fait quoi ?

- Oh... Si cela peut vous donner satisfaction, je suis tout à fait d'accord pour un combat dans les règles, sans aucune forme de magie ni entorse aux règles de l'escrime ou de l'honneur. Je crois vous l'avoir déjà fait entendre et tiens à vous en assurer pleinement.

- Ca va pas, prince... C'est pas comme ça que ça doit se passer.

- Ouais. Il a raison. C'est pas comme ça.. »

Ici, Diogène, désireux, pour une fois, de ne pas être pris de vitesse par ses sœurs, se hasarda, la bouche pleine, à commenter tout haut :

- «  En vrai, dans le livre, le combat, il a même pas lieu. C'est rien que des vantards, ces deux-là. Dans le livre, quand le prince avec son armée de fantômes, il les poursuit, ils se sauvent comme des lapins et la princesse, elle en profite pour se sauver. »

Un peu inquiet, Théophile regarda son fils un instant, puis, certain qu'il ne mentait pas, se promit, à la première occasion, de demander à son ami copiste ce que c'était que ce prétendu roman de chevalerie où on croisait des princes sorciers et dont les personnages étaient tellement réels.

Haussant majestueusement les épaules, celui qui semblait être le héros de cette geste laissa échapper un ricanement.

- « Je devrais peut-être retourner là-bas, tiens... Ce serait amusant, de les regarder détaler !

- C'est cela, mon beau page ! Sauvez-vous donc dans votre bouquin ! Et ne revenez pas tourner autour de ma fille, ou je mets le feu à ce fichu parchemin !

- Calmez-vous, Messire. Je suis votre loyal servant et accomplirai tout ce qu'il vous plaira de me demander, mais par pitié... Ne me renvoyez pas dans le livre. »

 

Extrait présenté à la 35° session du concours d'Extraits du forum Jeunes Ecrivains (avril 2015).
Nouvelle Fantasy burlesco-médiévale"La taverne de Diogène".
Thème de la session : "Lâcheté".

Précision : Ignacio et les deux bandits se sont échappés d'un livre...

Extrait-Texte-200

Etat du texte à date du concours :
Correction entamée, pas finie
et beaucoup à y faire....

Etat du texte à date de parution de ce post :
Dort dans son coin de disque,
en attendant que je sorte
de mes histoires de Wild West et de SF...

 

 

Il s'agit, chacun l'aura compris,
d'un projet où la fantasy médiévale se marie au burlesque, au-delà de toute logique
(hélas pour ceux des personnages qui tentent encore de raisonner)