Bagarre

Les deux assistants du marshal, engagés à cause des vachers qui commençaient à affluer en ville pour chercher du travail, choisirent cet instant pour pousser tout à la fois la porte et le gros Hans. Archie leur adressa un regard désolé, dégrafa son insigne qu'il essuya longuement, très longuement, en frottant bien, et enfin leur fit signe de le mettre dans la cellule, comme d'habitude.
« On peut pas. Le mur n'est pas réparé. »
Souvenir du passage, la semaine précédente, de trois gibiers de potence dont les complices avaient cru bon de tout démolir pour les faire sortir par la fenêtre. Des canailles peu futées qui s'étaient fait dérouiller en essayant de dévaliser un groupe de mineurs pour quelques sacs de minerai argentifère. Des saprés imbéciles … La porte de la cellule ne fermant plus, le seul problème de leur évasion consistait à l'écarter assez longtemps pour leur détacher les mains. Un enfant aurait su faire ça, mais pas ces abrutis, qui avaient préféré atteler des chevaux aux barreaux pour tout arracher.
On a beau aimer vivre seul, des fois ça ne suffit pas à vous assurer d'avoir la paix. Des jours comme celui-là, il avait une envie folle d'épouser la veuve de son vieux copain Nigel Jones et de passer le restant de ses jours à enseigner à lire, à écrire, à compter et à prier le bon Dieu à cette flopée de petits orphelins dont elle s'occupait. Il détestait les gosses, mais à tout prendre... Et puis, elle cuisinait bien.

 Desperado

Extrait présenté à la 47° session du concours d'Extraits du forum Jeunes Ecrivains (mai 2016).
Roman Western "Howahkan".
Thème de la session : "Evasion".

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Extrait-Western-200

 

 Texte présenté ici  
sans retouches ultérieures.

Etat à date du concours :
totalement achevé.