De nos jours, il ne viendrait à personne l'idée de nier que le Texas fait partie des USA. 

En 1821, quand la "Nouvelle Espagne" arrache son indépendance et devient le Mexique, il en fait pourtant partie. 

C'est une région très fortement sous-peuplée. Personne ne désirant s'y installer, la Nouvelle-Espagne a offert des terres gratuitement aux étrangers acceptant de s'y implanter. Le gouvernement mexicain maintient la mesure, mais ajoute l'obligation d'apprendre l'espagnol et de se convertir au catholicisme.

Cette même année 1821, un convoi de 300 famille se lance sur ce qui va devenir la "piste de Santa Fe".

De même que la société mexicaine (et les texans mexicains, les tijanos, itou) est composée aussi bien de personnes d'ascendance principalement hispanique que d'indiens, celle des nouveaux arrivants est une mosaïque sociale. Encore plus, même, car il s'y mêle langues, pays d'origine, religion, opinions, etc.

Les convois sont rondement organisés. Chacun a sa destination. Il y a parfois des frictions entre deux villes nouvellement fondées, mais en interne, pas vraiment de raison. La "communauté" est un ensemble cohérent et sans heurts.

Sauf parfois avec l'extérieurs, et cela dès le début... Il arrive qu'au lieu de s'installer sur la terre allouée, les colons s'emparent de celle d'un haciendero.

D'où viennent-ils, ces hacienderos ?

Petit retour en arrière... Gros retour en arrière !

De 1503 à 1791, les indiens de Nouvelle-Espagne ont été soumis au régime de « l'encomiendera », une sorte de servage les obligeant à travailler pour la couronne espagnole. D'un point de vue légal, les ouvriers n'appartiennent pas au propriétaire terrien qui les emploie. Ils lui sont seulement confiés par la gouverment. Au passage, obligation de conversion, bien entendu.

Il est peut-être temps de préciser que les tribus indiennes du Texas ne sont pas très accueillantes envers les colons, et que nos nouveaux arrivants se hâtent de construire des forts.

Toutes les tribus ne sont pas hostiles, cependant, et les migrants traitent avec celles qui le veulent bien. Le calcul ne leur apportent pas grand-chose. Quelques trocs, sans doute utile, la non-agression de la part des tribus amiés, mais aucun soutien face à celles qui ne le sont pas.

C'est dans ce contexte qu'il faut replacer le massacre de Massacre de Fort Parker, le 29 mai 1836, et l'enlèvement de Cynthia-Ann Parker.

Carte-Texas

Jusque là, rien qui vaille de fouetter un chat, un "gato" ou un "cat". Le pays était désert, il se remplit. Tout va bien. Oui, mais les nouveaux arrivants ne respectent pas le marché. Ils continuent à parler leurs langues d'origine (en général l'anglais) et ne changent rien à leurs pratiques religieuses. Il se crée une société totalement différente où les tijanos d'avant 1821 sont réduit à la situation de minorité ethnique.

Ils sont supposés respecter les lois mexicaines. Ils commencent par le faire, mais bientôt  (et même assez vite), créent leurs propres codes de lois, applicables sur le territoire de chacune des municipalités. Arriver par groupes massifs les incite plus à conserver leurs propres habitudes de vies qu'à adopter celles de la région. Du fait que les convois sont constitués de groupes aux natures diverses, les communautés qui se créent ne sont pas toujours semblables et les codes institués pas toujours cohérents d'une ville à l'autre. Cependant, il se crée très vite un univers texan, bien distinct de l'univers mexicain. Une ville proclame même son territoire comme indépendant, mais ce mouvement n'est n'est pas suivi. L'affaire aurait pu en rester là...

Sauf que... Détail important.

Aux USA, dont ces colons arrivent, l'esclavage est toujours légal. Au Mexique, il est interdit progressivement à partir de 1823. Malheureusement, le Texas ne dispose pas de la même réserve d'ouvriers agricoles que le Mexique et les Texans font grise mine. Ils refusent. Conciliant, le gouvernement leur accorde des délais, des périodes transitoires.

Le 6 avril 1830, menace est faite aux texans d'une intervention militaire si l'esclavage n'est pas aboli.

Ils essayent d'affranchir leurs esclaves en les conservant sous "contrat à vie".

Alamo

Il y a tout de même une différence. On ne peut plus les vendre, et leurs enfants ne seront pas esclaves (c'était déjà le cas selon les loi mexicaines, mais elles ne sont qu'à demi-valables au Texas). Ils sont supposés être payés, aussi, mais à cette époque, quelle que soit la couleur de peau, les ouvriers agricoles et domestiques ne sont souvent que nourris-logés ou à peine plus. Tenons compte aussi de la frontière toute proche qui permet d'en faire venir de nouveaux (trafic illégal selon les lois mexicaines, encore faut-il pouvoir prouver).

Inutile de chercher à savoir s'il est question de bonté ou quoi. Au XIX°, la main d'oeuvre humaine est primordiale, que ce soit aux champs, dans les mines ou en industrie. On peut la payer très peu, ou bien pas. C'est une question de système économique et de logique sociale. Il est rare qu'on prenne la peine de la payer cher (réservé aux ouvriers très qualifiés). Dans tous les pays.
Tenons compte aussi de la concurrence déloyale de cette main d'oeuvre aux ouvriers agricoles des anciennes haciendas, qui ne trouveront pas facilement du travail sur les terres des nouveaux colons. D'abord parce qu'ils parlent espagnol, ensuite parce qu'ils coûtent plus cher (et peuvent en plus partir s'ils ne sont pas satisfaits).

Bon... Tout ça pour quoi, au fait?

*regarde ses fiches, les fait tomber, les ramasse, les remet en ordre, chausse ses lunettes...*

Les spéculateurs des USA s'en mêlent. La politique aussi. Les USA, pour conserver un équilibre entre états esclavagistes et abolitionnistes, tentent deux fois (1827 et 29) d'acheter le Texas. 

En juillet 1829, débarquement militaire espagnol au Mexique (colonie espagnole le retour...). A cette occasion, les pleins pouvoirs sont acordés au président Guerrero. Durcissement de la situation. On construit des "presidios" (des forts) pour éviter l'immigratin américaine et faire appliquer les lois sur l'esclavage. En 1831, John Davis Bradburn, responsable d'un de ces forts, affranchit deux esclaves enfuis de Louisiane et jette en prison leur propriétaire venu les réclamer. Les colons attaquent le fort.

Le président Santa Anna tente quelques concessions, en accordant le statut de province à part entière, une constitution et la reconnaissace de l'anglais comme langue, mais n'évite pas la révolte.

Précisons que les colons récents constituent déjà 85 % de la population texanne.

Mais pour être juste, tout le Mexique est un peu bouillonnant, et cela va durer longtemps.

La Révolte du Texas n'est pas précisément un "fait historique longue durée". Elle débute le 2 octobre 1835 et se termine le 21 avril 1836.

croc-doc-125Page wiki ICI.

 Siège de Fort Alamo sur "Hérodote", LA.

Le 29 décembre 1845, après deux tentatives ratées (crainte de fâcher le Mexique), le Congrès américain vote le rattachement du Texas aux USA. Une annexion par accord mutuel.

Le 24 avril 1846 débute la Guerre Américano Mexicaine.