Quelque part entre le film philosophique en contexte de guerre et la romance historique, ceci est un western très atypique.

1956 ♦ Wylliam Wyler's . Friendly Persuasion.

La loi du Seigneur.

Encore un où le titre n'a pas été traduit de façon littérale...

Les deux ont du vrai, car la religion a beaucoup d'importance dans l'intrigue.
Les personnages sont en effet des quakers du Missouri. La guerre ? Elle ne les concerne pas. Ils prieront. C'est tout ce qu'ils peuvent faire. Aucun membre de leur communauté ne prendra les armes, disent-ils à l'officier venu les convaincre de s'enrôler.

L'aspect "légende du West semi sauvage" est absent. Ici ce sont les idées qui s'afffrontent et quand la guerre arrive... Hé bien ce sont encore plus les idées que les ames. Ce film n'a pas été retenu pas Patrick Brion dans son anthologie du Western, car il a écarté tous les films se déroulant dans le cadre de la Guerre de Sécession. 

Celui-ci est tout de même très particulier. Est-ce un film de guerre ? N'en est-il pas un ? En est-il ? En est-il point ? Grave question. Il faut bien l'admettre : non seulement on ne s'y bat pas autant qu'on pourrait s'y attendre dans un film traitant d'une période de guerre, mais on s'y castagne moins que dans beaucoup de westerns. Hé oui, c'est possible.

Ceci est un western pacifiste. Et d'ailleurs, le titre l'annonce tout de go (celui en VO, pas celui en français).

Ici, rappelons un point de détail du code Hays : la  violence explicite n'était autorisée que dans les films historiques (entendez: les batailles, périodes de trouble, etc.). D'où succès de la traditionnelle baston à la fin du western (et des bourre-pif tout au long). Faut bien défouler le spectateur.
Mais le western, pour la même raison (autre contexte social), se permet des audaces que d'autres genres ne pourraient pas. En pleine Guerre Froide, le pacifisme est un sujet brûlant.
Il est également question de féminisme (aïe). En 1958... Oulà, Oulà...

La-loi-du-Seigneur

Avertissement : ceci est tourné comme un conte, voire une aquarelle romantique, avec un humour au second (sinon troisième) degré. On peut aisément trouver le film mièvre, en particulier si on s'attend à du western classique, avec grands espaces, sueur virile, etc. Film à déguster comme une bonne vieille bande dessinée (avec paquet de bonbons à la main).

*

On pourrait craindre, avec une intrigue se déroulant dans une famille de quakers, que l'ambiance soit sévère. Point du tout, car le personnage campé par Gary Cooper était musicien, avant de tomber sous le charme de sa très religieuse et très tonique épouse (qui a une oie adorable comme animal de compagnie). Il s'est fort bien adapté mais a conservé un tempérament poète. Sans compter que sa jument déteste qu'on la dépasse (ce qui fait très mauvais effet, car il est très mal de vouloir rivaliser avec autrui... ben quoi, il laisse son cheval se faire plaisir, quoi).

Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes si l'armée ne réclamait pas des hommes, puis les patrouilles organisées dans la région à leur tour. En un premier temps, tout le village fait bloc, mais le danger approchant, la panique s'installe. Faut-il, finalement, se joindre aux patrouilles ? Cela semble la seule solution, pour sauver leurs maisons.

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Le héros, disais-je est musicien... Son gros regret, depuis qu'il est devenu quaker, est tout naturellement la musique. Lors d'une foire, un marchand lui présente un petit harmonium, dont il tombe pour ainsi dire amoureux. L'affaire est vite conclue. Et se solde par une scène de ménage à la conclusion attendrissante. Avec les notables du village, il vaut cependant mieux éviter que la chose fasse du bruit.

Hélas, lors d'une visite de son fiancé, la fille lui montre l'objet. Pas de pot, les anciens sont en bas, sermonant copieusement le pauvre homme, minoritaire d'opinion dans la question des patrouilles (plus pacifiste que la moyenne dans un village de pacifistes: qui l'eu cru?). Et l'on convainc par la musique... Cela semble la voix des anges.

Ouais... ça ne sauvera pas la maison quand les soldats arriveront, direz-vous ?

Non, en effet. Mais on est à la période Hays, alors forcément, ça finit en Happy End.

Ouais, j'exagère. Ca ne finit pas toujours en Happy à cette époque, mais ce n'est jamais Sad End.

 

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Dans la catégorie "western pacifiste" :

La piste de Santa Fe (1940).(celui-là, y'a pas de happy à la fin)

L'homme qui tua Liberty Valance (1962).

Carte  :

Carte-USA

Le missouri est dans l'espace "Louisiana Purchase" (en blanc), mais tout contre la frontière des états anciens.
A mi-hauteur des USA en latitude (juste au-dessus de la ligne Mason-Dixon, délimitant anciennement les états où l'esclavage était autorisé),
il jouxte le Mississipi, qui forme une ligne presque verticale à peu près au tiers du continent.

 

Page wikipédia du film.

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