La plupart considèrent que Terry fait partie de ceux qui sont retombés. Ceux qu'Alex appréciait mais dont Tête-Rouge veut pas auprès de lui. De fait, il ne lui accorde pas la plus petite chance de prendre pied dans le petit cercle de ses proches compagnons.

Crayonne-Matelotes-PlageJuste après la mort de Pique, le jeune homme était pour Roch un rival, malgré ses fréquents abus de TK et son désespoir permanent. A présent, il n'est plus qu'un simple porteflingue. Un tueur parmi d'autres, juste un peu plus habile, plus rusé, plus déterminé. Un pauvre type qu'il humilie chaque fois que l'occasion s'en présente et maltraite sans même avoir besoin d'un prétexte pour le faire. Un chien bien dressé qui attaque quand on lui demande, là où on lui demande, s'assied là où on lui dit, se roule par terre si son maître en a le caprice. Il se méfie un peu de lui et le méprise copieusement mais voilà tout de même plusieurs fois qu'il s'absente en lui confiant la sécurité de sa femme.

Les heures trop longues lézardent dans la chaleur de septembre et le luxe tout neuf d'une terrasse abusivement bien équipée. Ally s'étire un peu sur la chaise longue où elle s'offre à son vieil amant le soleil. Les images, et même l'odeur du village de son enfance lui hantent la mémoire. Faut-il qu'elle se fasse chier pour en arriver là ! Tout à l'heure, Terry a joué de la guitare. Elle aurait pu chanter, mais à quoi bon, puisqu'elle ne travaille plus ? Vilain coup de blues.  Si seulement Roch pouvait larguer Carmen, ou mieux encore, se faire larguer par elle ! Au-dessus des lunettes noires, Ally observe le jeune homme qui la tient à l'oeil, ou plutôt, soupire en croisant les bras. Il ne doit pas trouver la mission palpitante, mais décidément, il est à croquer. Le souvenir de ce qu'ils ont fait le mois dernier la grille plus fort que ce coquin là-haut. Roch fait garder sa chèvre par un tigre. Du doigt, elle lui fait signe d'approcher. Il pige tout de suite la signification de sa pose tout juste sensuelle, même pas osée. Sourire. Roch, lui, ne comprend que quand elle l'attrape par le cou.

2016-Soleil-Brulant

– Te fatigue pas, Beauté. C'est non. Et mes excuses pour... Enfin bref. C'était une gaffe quoi.

Une gaffe qu'il serait très distrayant de refaire.

– Tu as ordre de tout faire pour que je ne manque de rien.
– A condition que tes exigences soient raisonnables. Je pressens qu'elles ne le sont pas. Range tes oeillades. J'les connais par cœur, et ton jaloux aussi, il les connaît, d'ailleurs. Et pis, j'ai été pute et j'ai de plus beaux cils que toi. Si tu t'emmerdes, on peut faire un concours ? Ça te tente ?

Le pire, c'est que c'est vrai, qu'il a de jolis cils et sait s'en servir. Il gagnerait.

– J'ai envie d'une salade de fruits.
– Si ce n'est que ça...
– Servie dans la chambre, et de tes mains.

A cause de ses « yeux de fille » il porte une moustache. Elle lui va comme des chaussures à un poisson. C'est mignon tout plein, cette trouille. Crénom, les muscles qu'il a ! Elle a beau les avoir déjà palpés, leur proximité lui arrache les yeux.

 

Présenté à la 54° session du concours d'extraits sur le du forum Jeunes Ecrivains (décembre 2016).
Objet Littéraire Non Identifié "Sinistre DiscoBall".     / saison du Lièvre (4°/12) 
Thème de la session : "L'Ennui".

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Extrait-OLNI-200

 Texte présenté tel qu'au concours, 
sans retouches ultérieures.

Etat à date du concours :
Ecriture / 1° jet.

Etat à date de parution de ce post:
idem.