J'ai évoqué voici quelques temps le versant surnaturel de l'Imaginaire, qui fleure bon la légende traînant ses pieds sur nos tables... Cette fois, je vais le gravir par la face nord... heu, par le côté scientifique et futuriste.   

Avant de commencer, disons-le tout de suite : je suis une parfaite ignage en matière de SF. Jusqu'à ce que je décide d'y tremper mon stylo, ce n'était pas vraiment ma tasse de thé (elle est maso, la sélénite...). 

Science-Fiction originelle et descendants directs   

2017-port-Boulogne-200Fille de la modernité Ainsi que l'indique son nom, la Science-Fiction trouve ses racines et inspirations dans l'avancement des sciences. De nos jours, elle s'en éloigne souvent, et flirte allégrement avec l'autre aspect de l'Imaginaire, celui par lequel les règles du Monde sont bouleversées ou tout au moins contrariées. Dans l'immédiat, et pour débuter, nous voici dans le domaine très réaliste des sciences.

Ici, c'est simple comme bonjour, et presque réaliste. Prenez les sciences de votre époque, ce qui est vérifié, prouvé, démontré, inventé, construit... Et imaginez ce que tout cela pourrait devenir entre les mains d'un savant un peu fou ou d'un aventurier génial. Et voilà. Le tour est joué. Vous avez de la SF Pure, ou Hard SF.

Facile ? Pas tant que ça. Le genre exige de bien connaître l'actualité scientifique et de savoir relier les opposés : la réalité pure et l'imagination débridée. Fatalement, les ouvrages de ce genre finissent tôt ou tard par rejoindre les catégories du réalisme. Leur nature les y prédispose, puisque la science n'a que quelques bonds à faire pour les rattraper. Exception faite de ceux dont il est alors prouvé qu'ils sont irréalistes...

Et c'est  un peu sur ceux-là que se fondent les "petits frères".

Dès les origines de la SF, un zeste de philosophie tombe dans la casserole. Jouant d'impossibilités, ces récits posent les bases des très nombreux genres SF qui tordent le cou à leur concept de naissance sans aucun remord. Cette SF philosophique, sise au confluent avec le Fantastique, on trouve le fameux thème des voyages dans le Temps, ou bien la mythique question de la Vie, crée ou maintenue au-delà du possible (NB > je n'ai pas la moindre idée du dénominatif employé ici en situation éditoriale).

Et nous voici avec le paradoxe de la SF : elle est rarement scientifique...

Rencontres du 3° type   

Tiens ? Au fait, quels sont les deux premiers ? Réel et Surnaturel, peut-être ? Les morts et les vivants ? 

Dès les débuts du cinéma, Méliès met en scène un "Voyage sur la Lune" inspiré du "Voyage dans les états de la Lune" de Cyrano de Bergerac et de "De la Terre à la Lune" de Jules Verne. La rencontre avec les sélénites ressemble beaucoup à celles des explorateurs coloniaux avec les "sauvages", du moins telles que les présente l'imagerie populaire : d'abord bon, puis mauvais, avec débordement d'armes brandies, et poursuite jusqu'au véhicule.

Ici, on est face à... la vie venue d'ailleurs. Comme la SF déborde de sombre, les ET sont souvent hostiles. La très célèbre retransmission radio, en octobre 1938, de la Guerre des Mondes est représentative de cet aspect. Elle l'est peut-être aussi de la croyance des gens en cette possibilité ou non-impossibilité. En tous cas, on peut dire sans trop se tromper que cette émission radiophonique fit le buzz !

Non, le contact n'est pas toujours dramatique... (en 1979, E-T est le plus gentil camarade qu'un enfant puisse imaginer).

Il n'est en tous cas, jamais évident. (encore que le kryptonien Kal El ne semble pas avoir eu de gros problèmes d'intégration sociale...)

Apocalyptique, Post-Apocalyptique, Robotique   

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A son apparition, dans les années 50, l'Apocalyptique est une anticipation. L'imaginaire SF, reflet de son temps et en particuliers de ses peurs,  est rempli de bombes atomiques.

Le thème de l'Humanité détruite par sa propre technologie, a duré et dure encore, mais de nos jours, se voit fortement concurrencé par les catastrophes naturelles, et l'impact négatif incontrôlé de l'Homme sur la Nature.

Dans la catégorie "destruction par notre propre science", on trouve les robots et ordinateurs à intelligence artificielle. Comme avec le contrôle de la Vie, nous voici en SF philosophique, car enfin, il s'agit de créer la Conscience, la vie intellectuelle. Ne soyons quand même pas chiens... même intelligents, les robots peuvent être sympas, et aider les Humains.

Quelle que soit la raison de la Fin, elle est très logiquement suivie de "et si ce n'était que le début" (quand je dis que la SF, c'est philsophique...). Le Post-Apo, petit frère de l'Apo, a connu de ( très ) beaux jours, et bénéficie enccore de son petit succès. Il devrait pourtant se méfier, car des challengers de taille veulent se mesurer à lui.

Space Opera, et autres thèmes spatiaux   

J'ai failli oublier cette catégorie ! L'engouement dont elle bénéficie ne m'y autorise pourtant guère. 

La mode Star Wars actuelle fait que personne, même détestant la SF, ne peut ignorer l'existence du genre. Pourtant, tout le monde ne connaît pas son dénominatif. Il faut dire que "opera", cela fait un peu musical. Or, si les films de ce genre font appel de très belles musiques de fond, il s'y trouve peu de personnages musiciens.

Pour les puristes, et quelques éditeurs, il faudra distinguer : Space Opera / Planet Opera / Space Fantasy.

Le cadre (ou cadre principal) est spatial... Ou situé sur une autre planète, dans le cas du Planet Opera. Les règles naturelles peuvent être normales, ou comporter des éléments surnaturels (Space Fantasy). Qu'en est-il des cas où on est sur une autre planète avec des éléments surnaturels ? De toute façon, la distinction est rarement effectuée.

Le Space Opera de type Star Wars, avec spiritualité et/ou surnaturel à la clé est dit Space Fantasy, ce qui le décrit assez bien. On y retrouve des situations, ambitions et caractères fréquemment employés en Hight Fantasy. 

Anticipation, Uchronie & Dystopie

De prime abord, l'Anticipation est une frangine presque jumelle de la SF originelle, puisqu'il s'agit de faire un bon en avant, avec les données déjà existantes. Bond qui est en général assez petit, ce qui permet de ne pas abuser sur la science. Le décalage se produira plutôt aux niveaux sociologique, politique, économique... On trouvera là des scénarios apocalytiques, des dictatures idéologiques ou robotisées, et autres dystopies. On conserve un pied dans le réalisme, en somme.

Le genre se heurte à un écueil proche du précédent. Encore une fois : l'avancée du Temps. Cette fois, il ne s'agit plus de fiction devenue réalité, ou de réalité dépassant la fiction, mais seulement de dates laissées en arrière, ou de nouveautés technologiques qui manquent dans le futur proposé au lecteur, alors même que celui-ci est devenu présent ou même passé.

L'Uchronie découle directement de ce constat. Puisque les histoires futuristes finissent tôt ou tard par être rattrapées, pourquoi ne pas imaginer ce que serait notre monde si, à telle ou telle date, il s'était passé ceci ou ne s'était pas passé cela ? Si le métal n'avait pas été inventé, si les Anglais avaient remporté la Guerre d'Indépendance, si la bombe d'Hiroshima avait loupé sa cible...

On s'éloigne de l'origine futuriste du genre. Le niveau des sciences est tout au plus égal, et peut même se révéler inférieur. La société est-elle plus ou moins avancée? Grance question ! Elle est souvent plus sombre... 

Et c'est ici qu'apparaît la Dystopie. Cette fois, il ne s'agit plus de zapper ou modifier le passé, mais d'envisager un monde invivable. Les scieces reviennent à l'attaque, pour prêter main-forte au méchant de l'histoire qui est tout simplement l'univers où on évolue (même si ses dirigeants sont évidemment à mettre en cause). Version uchronique ou version futuriste, même destination du véhicuele : l'Humanité créant son propre malheur.

Rétrofuturisme... et avancement accéléré

Un train à vapeur qui file du passé au futur à la vitesse d'un TGV... ça vous parle? Voilà venu le Steampunk. Ce mutant de de la SF est né d'un concept très simple : revenir à la science-fiction de Jules Verne. Celle des beaux jours où les inventeurs rêvaient, croyaient au progrès... et évoluaient dans de superbes décors complexes (c'est hyper-chouette, l'époque Art Nouveau). La règle est simple : s'en tenir aux technologies "à vapeur" (et à charbon, et à cheval, etc.) dont dépendait le high-tech avant que l'essence et l'atome viennent polluer tout. Il joue toujours avec la fiction historique et parfois avec les genres du Fantastique, d'où naissance de l'Urban Fantasy Rétrofuturiste

Si vous êtes du genre gros amoureux des messager à cheval, des moulins à vent, des charrues tirées par des boeufs et des alchimiste pris pour des sorciers, prenez un billet pour le Médiévalpunk. Mais ne vous imaginez surtout pas que les auteurs conservent tous leurs cheveux quand ils cogitent sur cela, car il faut tout à la fois se documenter sur des technologies désormais très éloignées de nous, pour ne pas dire totalement dépassées, et les imaginer plus avancées (ça va, pas trop mal à la tête?).

Moins traité que ses concurents anciens, il y a le Dieselpunk. Cette fois, vous avez droit à l'essence, et même parfois à l'atome. Cela existe, mais je n'en ai jamais croisé, et ne peux guère évaluer leur ton général.

Le Cyberpunk, enfin, se la joue geek, hypermoderne et... souvent dystopique. Cette fois, tout le high tech est autorisé et même obligatoire. Anticipation, dystopique et hypertechnique, le genre fait la part belle aux mutants et robots, mais aussi aux virus et aux hackers. Le TGV, cette fois, a foncé directement du présent ordinaire à un futur extrême... et quelque part, peut-être pas si futur ni extrême que cela. Après tout, pousser les technologies de pointe et les découvertes scientifiques récentes le plus loin possible, c'est le même concept que la SF originelle. La grosse différence est-elle dans l'aspect sombre de ces récits souvent dystopiques ? Ou est-ce seulement une question de vocabulaire ? 

Jules Verne.

Cela peut étonner, étant donné l'aspect pour nous ancien de la science évoquée, et la réputation de "non-réalisme" que la SF a acquis au fil de ses métamorphoses, mais une énorme partie de son oeuvre est de la Science-Fiction. Le Nautilus n'existe pas, mais il fait appel à des théories connues à date du roman. 

Les Mystères de l'Ouest. (Série TV)

Petit concentré de contexte historique, de suspens à enquête, d'aventure à alternance de danger et désir... Cette série apartenait-elle au genre Western, à sa naissance ? Comme il était à l'époque très en vogue, c'est possible. Actuellement, on la range en rétrofuturisme, genre dont elle constitue l'une des premières manifestations. 

Farenheit 451.

Anticipation & Dystopie ! Le futur envisagé est sombre, tant culturellement que politiquement...

2001, l'Odyssée de l'Espace. (film)

Space Opera, de type plutôt philosophique et aucunement surnaturel... Le mystère qui règne sur la fin est de type onirique

 

Comme pour les genres liés au surnaturel, les genres naissent et se décompent en fonction des modes et des besoins d'y voir clair, pour l'éditeur, le libraire, le lecteur. Autrement dit : de la masse d'ouvrages dans tel ou tel domaine.

Prochain épisode... les genres du Réel

 

Généralités sur les genres : ICI.   Les genres de l'Imaginaire, côté surnaturel, LA.

 

 Mètext onn' ze blog...

 Errances Galactiques. Roman Space Opera.

Sinistre DiscoBall. Machin dur à classer,
mais  peut-être Anticipation Dystopique.