Après avoir épluché les genres de l'Imaginaire par les deux bouts, revenons au monde du Réel...

Comme  le terme "Réaliste" désigne un genre particulier, je préfère nommer ce grand ensemble "Univers du Réel" (ainsi que le faisait mon prof de Lettres au lycée) mais c'est très loin d'être une pratique générale. De même que le Fantastique se confond facilement avec les genres du Surnaturel / mondes à  créatures fantastiques, la dénomination "Réalisme" est facilement employée pour tout ce qui sedéroule dans  le monde normal, sans en modifier le fonctionnement général.

Ces mondes sont plus contraignants, pour l'auteur. Il doit en effet connaître le contexte ou se documenter, et ne peut régler les situations difficiles par un coup de baguette ou une technologie miracle. Par contre, il y est globalement plus facile de faire ressentir au lecteur une proximité avec l'histoire.

Les deux types d'univers ont leurs adeptes et leurs grincheux, parmi les auteurs comme parmi les lecteurs. Il y aussi, des deux côtés, ceux qui n'ont pas de préférence. Sans compter les "demi-sel" des genres intermédiaires.

Arsene---250

"Roman réaliste"

Je déteste cette appelation qui peut tout aussi bien désigner tous les genres ne relevant pas de l'Imaginaire, qu'une catégorie bien précise. On se trouve ici dans les interractions de l'homme à son environnement, et surtout à ses contraintes.

Le genre n'est pas nouveau, et a été longtemps très usité pour des chansons. Pas de glorification, pas ou peu de rencontres ou faits hors du commun. Juste ce que monsieur Tout-le-Monde trouve sur son chemin. Dans le roman réaliste, la narration cible plus les sensations que les faits et le scénario est souvent calqué sur des situations communes, en lequelles chacun peut retrouver ses propres questions et/ou constatations.

Un sous-genre qui se définit donc par l'exploration de l'Humain, en son être, son milieu, ses rapports aux autres...

Attention aux embrouillaminis de conversation, entre le premier niveau de classification (celui des genres réaliste / du réel), et le deuxième (où on coche cette petite croix-ci). Attention aussi à ne pas faire de l'étiquette "roman réaliste" un fourre-tout. Mais pas de panique... au niveau pratique, la définition des genres a moins d'importance que la ligne editoriale de la collection.

Dépaysement...

Parce qu'il n'est pas forcément utile de tout inventer pour dépayser le lecteur et titiller son imagination...

Fiction historique

Le sous-découpage, ici, serait à effectuer par strates chronologiques et espaces géogaphiques. Autrement dit : par exploration d'autres temps, voire lieux.

En faisant le tour des collections "Histoire", on se rend compte que les éditeurs ont souvent leur "espace-temps" de prédilection. Ici, ce sera le Moyen-Age (chevaliers, cathares, jacquerie...), là l'Histoire Moderne (cape & épée, corsaires, cabinets de curiosités...), et là-bas l'histoire Contemporaine (XIX° & XX° s). Ce n'est pas forcément une simpe question de date.

Les périodes récentes ont des rapports plus étroits avec notre mentalité collective, et le public les connaissant mieux, l'exigence de réalisme  sera plus grande (même si le ton est humoristique/parodique). Inversement, les périodes anciennes représentent un réel moins réel. Plus éloigné, et d'une certaine façon, un peu imaginaire. L'attente du lecteur n'est pas la même.

On dit plus souvent "roman historique", le terme que j'emploie ici étant plus employé pour les films. Qu'on m'explique où est la différence ! Le terme "fiction" limite l'importance du mot "historique". Ex-étudiante en Histoire, je me méfie copieusement de la licence artistique dans les romans de ce type. Plus on prend de libertés avec la réalité historique, plus la plongée dans le passé est illusoire. Il arrive que la licence prenne de grosses libertés avec l'Histoire !

D'autre part, le terme "roman historique" est très flou, et peut s'appliquer aussi bien aux oeuvres axées sur les faits qu'à celles axées sur l'Humain (réaliste historique).

La romance et le polar peuvent eux aussi se sous-diviser en version historique, de même que le roman historique peut se subdiviser en romance ou polar. Simple question de dosage des composants. Comme un lait au chocolat ou un chocolat au lait...

Autre horizons.

Voyage, exploration, folklore...

Soif de nouveauté, mystère de l'inconnu... Comme dans les genre de l'Imaginaire, le lecteur veut se dépayser. Comme dans le genre historique, il ne s'agit que d'un voyage dans le monde Réel. Est-il plus difficile à écrire que le roman historique ? En tous cas, tous les auteurs ne sont pas à égalité face à lui, selon qu'ils voyagent ou pas.

Pourtant, l'exemple immobile vient de haut ! Jules Verne ne voyageait jamais.

Malgré tout, ce genre exigeant une bonne documentation et un point de vue réel sur le lieu évoqué, les voyages effectués par l'auteur lui sont un atout. Quant aux récits autobiographies racontant une expédition, il est clair qu'ils ont exigé un départ, et ils réprésentent une part importante  de ce type de livres. Romans or not romans ? 

Mars & Vénus.

Yin & Yang ! Amour & Mort ! Romance & Suspens ! Au temps où la littérature de gare existait, le polar et la littérature rose en étaient les stars. A présent qu'on prend sa liseuse dans les transports en commun, ils sont encore là. C'est fou, non ? Deux pôles de rêve aux aspirations opposées, mais qui ne sont pas forcément incompatibles.

Romance

La romance avait connu une période de ralentissement, mais à présent, renait de ses cendres, en particulier en version numérique. Est-ce parce qu'on se sent seul dans les transports en commun, qu'il est tentant d'en charger sur sa liseuse ? Ou parce que cet instrument de lecture permet de ne pas avoir à craindre le regard du voisin sur la couverture du bouquin ?

Wiki-définition du genre: cliquer ici.

Pas mal de petits éditeurs profitent de cette niche numérique, et Harlequin a pris aussi cette orientation (alors que la pluparts des gros éditeurs restent fidèles aux traditions et au papier).

Bien entendu, il existe de nombreux sous-genres, variant les circonstances et le ton. Plutôt que les détailler, je vais m'en tenir à la définition du genre "romance". De prime abord, on pourrait penser que c'est synonyme exact de "littérature sentimentale". Oui mais non. Même si on zappe souvent cet aspect, une romance est supposée conduire à la formation d'un couple. Ceci est sujet, parait-il, à débat. Une romance peut-elle se terminer mal ? J'éviterai de trancher, mais diviserai en deux ces "no happy end". Le couple peut ne pas réussir à se souder ou être dépassé par les faits (rupture), ou simplement, être brisé par la mort d'un des deux (ou des deux). Dans ce second cas, les auteurs actuels n'ont pas forcément la même optique que leurs "ancêtres", car il est bien connu que l'Amour est plus fort que la Mort et que les coeurs amoureux se rouvent réunis au Ciel... à condition d'y croire !

Si on laisse de côté le débat "couple à la fin", il reste possible de s'en tenir à "le fil narrratif est axé eautour du couple".

Pour ma part, j'emploie beaucoup l'ingrédient romance, mais ne tiens pas du tout à en faire l'élément principal de la recette, même si j'ai le sentiment d'en abuser parfois. Ecrire de la romance n'étant pas mon objectif, j'ai peu approfondi la question des "no happy end" et serais bien incapable de la trancher. 

Pour plus de détails : article d'Asyne sur le blog "Mag-JE".

De toute façon... là aussi, la définition compte moins que la collection et de ce côté, la romance n'exige pas forcément une fin heureuse (ou pas dans toutes les collections)

Chicaneries sur vocable...

On emploie parfois le terme "littérature féminine" pour désigner les romances et autres textes de genre sentimental... au nom de l'égalité des sexes et du droit des hommes à lire de la guimauve, je proteste avec véhémence !

Sans blague... j'ai trouvé cela un jour sur un formulaire d'inscription au catalogue JE, et ai été choquée... mais pas autant que par cet article où j'ai découvert le visage des princes charmants actuels ! Et le pire, c'est que du coup, la "saison du Buffle" de mon bidule "DiscoBall" m'a fait l'effet d'être de la "dark romance".

Cékoikça la "dark romance" ? C'en èti vrèman ? En tous cas, elle est très loin de la guimauve, et je suis même un peu inquiète du concept. Peut-être à tort, car n'en lisant pas, j'ignore si elles finissent bien. Pourtant, ce sous-genre m'évoque un peu le syndrome de Stockholm...

Quant à réserver la romance aux femmes... Grrrr ! Et pourquoi pas le polar aux hommes ?

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Aventure, Suspens, Polar,  Thriller...

On est maintenant un peu revenu des vieux poncifs attribuant à la femme le goût du rose-romance et à l'homme celui du rouge-suspens-danger. Malgré tout, les deux genres ont conservé des réputations assez opposées.

Les deux aspirations peuvent néanmoins se rejoindre. L'amour ou l'amitié font un excellent contrepoint au danger. Ou des mobiles et motivations ! 

On trouvera ici des policiers et des criminels, des psychopathes, des espions, des ambitions, des jalousies, etc. Les sous-genres sont nombreux, et empruntent tant de tonalités que je me trouve est assez injuste de traiter tout ceci comme une seule catégorie. On pourrait sûrement en dire autant de la romance, mais je n'ai pas pris la peine d'en éplucher les variantes.

Tout ceci répond aux "instincts mâles" de l'être humain = découverte de l'inconnu, puissance et agressivité, combat plutôt que cachette, etc. Le côté Yang, si on préfère.

Comme Yin & Yang sont indissociables, ces genres peuvent recevoir des éléments de l'autre pôle (et inversement). Ce n'est pas nouveau ! Les romans de chevalerie autrefois sont pour la plupart des romans d'aventure à motivation amoureuse. Aux autores du XX°, Arsène Lupin possède une indénable tendance à la romance (et qui ne se termine pas toujours bec dans l'eau). Cependant, ce n'est pas l'élément du fil principal. Le dosage entre les deux aspects et la nature du fil narratif principal définissent de quel côté on se place.

Généralités sur les genres. Genres de l'Imaginaire, côté surnaturel Genres de l'Imaginaire, côté science.

Il existe sur JE un exercice consistant à résumer son roman en 10 mots maximum. C'est difficile, mais très constructif, car cela aide à y voir clair dans son propre écrit et en cerner le fil principal, en mettant de côté les intrigues latérales et tout ce qui est "enrobage". Depuis peu, un autre topic a été créé, où se résument de la même façon des livres qu'on a lu.

Essayez-vous y.

 

 

 Mètext onn' ze blog...

Howahkan. Roman western.

Ange Martin. Roman réaliste historique.

 

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Les genres de l'Imaginaire liés au Surnaturel.

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