En premier lieu, notons qu'il y a "langage inclusif" (comprendre H et F dans la phrase autant que possible) et "orthographe inclusive". L'une ne vaut qu'à l'oral et correspond à une évolution sociale (effectivement représentative de la façon de penser). L'autre pour l'écrit uniquement. Ajoutons qu'il y a une différence entre établir une règle pour changer la pratique et porter une pratique à l'état de règle. Puis que la façon de tourner une phrase peut être un exercice de style (jeu sur les règles et la sonorité), recherche de toucher autrui (positivement ou négativement), ou une spontanéité non-réfléchie. Et n'oublions pas non plus qu'il existe des jargons propres à certains activités et inusités dans d'autres, et qu'on peut employer quelque chose en Géographie ou dans un article de journal sans l'étendre aux livres de grammaire.  

 

 Sans être une maniaque du dictionnaire de l'Académie française, j'aime jouer à tourner de jolies phrases, ou bien des phrases marrantes, ou bien qui touchent... dans tous les cas, des phrases qui produisent un effet. 

En d'autres termes, j'aime manier l'outil qu'est la langue.

J'aimais beaucoup les mots composés, avec leur petit tiret énigmatique. Ce n'était pas facile de les employer, ces diablotins ! On nous les a supprimés. Tant pis et tant mieux. Ce qui est beau n'est pas toujours pratique.  

Quid de l'inclusif ?  

Ayé... le mot à éveiller les passions est lâché.   

  Cet article est divisé en trois parties.
Celle-ci contient ce qu'on pourrait nommer des "travaux pratiques".

 

Esther-modifie--250

Toutes les questions qu'on lui fit à ce sujet restèrent sans réponse, mais les agresseurs ne revinrent pas. De ce succès tranquille, son mystère ne fut que plus grand.  [extrait d'un de mes textes]

Selon la logique d'interprétation évoquée par l'un des liens qui viendront dans la seconde partie du postage (celui de mad'moizelle), il faudrait sans doute conserver le masculin sur "agresseurs", car les chances que ce soient des femmes sont réduites, mais comme un seul des voyageurs.euses les a vus de près et qu'il n'a rapporté à ses compagnons.agnes aucun détail de l'entrevue, on n'en sait en fait fichtre rien ! il devient donc discriminatoire de décréter le masculin.

Combien de feux de camp ce petit bouquet d'arbres avait-il hébergé ? La terre y était durcie par les passages successifs et une marque brûlée sur la terre indiquait l'emplacement où tous les cavaliers passant par là faisaient chauffer leur café ou cuire leurs haricots. Ce jour-là, quatre silhouettes étaient assises près de la trace sombre et surveillaient le feu en train de prendre. Deux autres, dont l'une se distinguait de loin comme celle d'un enfant, examinaient l'un des troncs. Tenue par deux clous et se soulevant dans la brise comme pour respirer, une feuille de papier y faisait une tache claire sur l'écorce.  [extrait d'un de mes textes]

Ici, deux mot pouraient donner lieu à insertion de point :    "tous.tes les cavalier.ères"  /   "celle d'un.e enfant".

De la même façon, il faudrait sans doute conserver le masculin, au moins pour "cavalier", pour la même raison que ci-dessus : la probabilité statistique. Inversement, la présence de l'enfant est déjà assez surprenante pour qu'on ne s'étonne pas d'une petite fille, mais on n'a pas non plus de raison de penser que c'en est une. Pas de pot : la troupe se compose de cinq femmes et un petit garçon.

Pour "celle d'un enfant" on peut remplacer par "enfantine" (ce qui à vrai dire, me donne une impression plus morale qu'anatomique, mais c'est une "impression perso".

Je note au passage que je constate dans mon texte pas mal de termes d'usage global et qui sont féminins (comme "silhouette"). Tant qu'on ne décide par de masculiniser ce genre de terme, cela rétablit un peu l'équilibre. Ben oui... il est bien demandé de féminiser au maximum les noms de métier, alors pourquoi pas "une silhouette masculin" ou dans le cas présent "une silhouette enfantin" ? C'est pas un métier, je sais...

De façon générale, je trouve relativement d'accords qui à rectifier, pour la simple raison que je préfère dire "le groupe" plutôt qu'en énumérer les membres.

 

Non, mes personnages ne sont pas tous des hommes

 

 

Sans effectuer d'inventaire, je peux dire qu'ils sont probablement majoritaires sur l'absolu, mais  qu'aux rôles importants ou aux personnages secondaires de position élevée, on trouve pas mal de femmes. Quant à la "faible femme dont la seule force est la coquetterie", elle est plutôt rare pour la simple raison que je ne sais pas faire vivre ce type de personnage.

Allez... je regarde un peu

(un peu seulement parce que si j'entre dans les détails, ça va faire un annuaire)

Tutore Noctis : le personnage principal est masculin, et on croise autour de lui beaucoup d'hommes. Pour ma défense : certaines histoires se déroulent dans un passé où les femmes ne maniaient pas l'épée mais l'aiguille à broder. On croise tout de même quelques femmes de tempérament. Et d'une certaine façon, placer une homme au centre permet tout aussi bien de développer ses faiblesses que de faire graviter autour de lui des femmes dont il ne se sentira pas forcément supérieur. Dans bien des cas, je pourrais inverser et faire de mon personnage une femme. Sauf qu'il n'entre pas dans ses capacités surnaturelles de changer de sexe.

Howahkan : chasseur de primes  au féminin... mais comme on est au XIX° siècle, le job ne leur est pas facilité. Elle le font quand même. Quitte à affronter des obstacles et des dangers qu'un homme ne rencontrerait pas.

Errances Galactiques : alors là... vu que j'ai mis en scène une société où la femme bosse plutôt dans la cité (administration, médecine, entretien des serres) et l'homme plutôt dedans (sécurité de la cité, mines, voyages lointains), la parité n'est clairement pas respectée. En revanche, il arrive souvent que la femme commande.

Ange Martin : inutile de nier, la femme est ici en infériorité numérique et hiérachique. On est dans les années 1940 ! Mais le héros sait faire la cuisine, et même aime ça. Non, sa copine ne sait pas se servir d'un flingue. C'est déjà dur d'être cohérent avec le contexte historique, alors si en plus il fallait introduire des parités là où il n'y en avait pas....

DiscoBall : plus d'hommes que de femmes dans les rôles principaux, mais comme on est dans un milieu où les scrupules sont plus rares que la violence... bah, non, je ne les ai pas renvoyées à leur tricot. Il y a des porteflingue féminins (des médecins aussi). La vraie raison de cette non-parité réside, j'en ai peur, dans un dégoût de leur faire pratiquer des actes criminels ou tout au moins de leur leur faire faire sur le devant de la scène. Notez bien (mea culpa), les deux personnages qui m'agacent le plus y sont des femmes. Par contre, elles font partie de ceux que je n'aurais pas peur de croiser.

Pis... je ne suis pas psy, mais est-ce que les personnages que je mets au centre sont forcément "moi" ? Est-ce que certains ne sont pas celui que je voudrais ou au contraire crains de rencontrer ?

Si j'étais un personnage de mes romans, qui serais-je ? Dans Howahkan, sans doute le jeune homme observateur et prudent qui ne dit rien jusqu'à la fin (même que ma bétalectrice m'a reconnue dans le rôle). Dans les Errances... absolument aucune idée. Dans Tutore... Léo est un mec super-chouette, mais je me vois assez mal dans la peau de sa compagne, et parmi les autres, je ne vois pas non plus. Dans Martin : bah... peut-être Clara, mais c'est dur à dire. Le personnage est quasi-invisible. Dans Disco : argh !!!! j'ai déjà bien assez de mal à ne pas perdre la boule en mettant en scène tous ces cinglés.

Allez. On referme le spoiler et la parenthèse avec.

 

 

 

 

Tarot-Force

#non-je-suis-pas-un mec + #égalité-des-sexes

Raisonnement par l'absurde ? Possible. J'adore l'absurde. Et s'il est absurde de pousser les raisonnements jusqu'au bout, alors jouons le jeu, et demandons-nous s'il n'est pas réducteurs pour les hommes d'être ramenés à néant par l'usage de leur genre comme un neutre.

#moi-c-est-avec-ça-qu-on-m-a-expliqué-à-l-ecole-que-le-masculin-l-emporte

Vu sous cet angle, ce qui est discriminatoire est l'existence du genre féminin. Absurde ?     

#en-sait-rien-et-je-m-en-fous

Un.e libraires averti.e et prudent.e sait qu'il est dangereux pour la colonne vertébrale de déplacer les dictionnaires et encyclopédies volumineux.ses et lourd.es.

ici, on a quatre points d'accord et un point final.

 

 

Ayant constaté que l'article est gigantesque, je le découpe en trois morceaux.

La webographie que j'avais placée en fin de page sortira à 12 h 05 

 et la fin de l'article à 12 h 10

 

Partie 1 (vous êtes ici).
Partie 2 (webographie).
Partie 3 de l'article.