Ou plus exactement : de personnes produisant de la Littérature... 

Jusqu'au 29 octobre 2017, je crois bien que je ne m'étais jamais posé la question. Et puis, PAF. Une conversation qui avait seulement commencé sur la personnalité des personnages et de celle de leur auteur s'est mise à dégringoler dans le débat sur la Littérature et la Paralittérature. 

La question "comment bien bâtir un personnage" m'intéresse beaucoup plus que celle "c'est quoi la Littérature", mais je dois bien avouer que celle-ci est fort turlupinante. Pourtant, à première vue, c'est très simple : c'est ce qu'on trouve dans les livres, et basta. 

Pas si vite ! Ralentis le pas, petit scarabée ! La Littérature ce sont des textes possédant une esthétique. Reconnue, cela va sans dire, car s'il fallait mettre dans le panier tous les génies méconnus, l'osier craquerait. 

Et merde... koomança? avec un bout de bois grossièrement taillé, on fait de la sculpture. Le musée des Beaux-Arts n'exige pas l'exclusivité du  qualificatif "sculpture". Pour les textes... hé ben pour les texte, ma bonne dame, c'est plus compliqué. 

Sorciere-250La phrase "la Fantasy c'est pas la la Littérature" revient souvent sur le forum. Ce n'est pas du mépris envers le genre, mais une blague récurrente envers un type de récit qui envahit un peu la section où on poste les textes à critiquer pour amélioration.  Je l'ai aussi entendue de mon prof de Lettres, en Première, quand un élève lui a demandé "et la Fantasy?" alors qu'il énumérait les genres où entre en jeu l'Irréel (Etrange, Fantastique, Absurde, Merveilleux...). A en juger par sa mine à cet instant, il ne devait pas beaucoup aimer la Fantasy, mais il l'inséra quand même dans sa liste de définitions. Après quoi, il nous donna la liste des textes qu'on étudierait durant l'année sur ce thème. 

Oups... ne suis-je pas en train de m'égarer ? Ah oui... la Littérature, ce qui en est et ce qui n'en est point. Hé bien, la liste est longue, des romans qui ne sont pas de la Littérature. La Romance, le Polar, le  Thriller, la Fantasy, l'Urban Fantasy... et j'en passe. Tout cela entre dans la benne "pas de la Littérature". Ma première pensée, devant ce constat, fut qu'on ne trouve pas beaucoup de Littérature sur un forum d'écrivains. Ensuite, je me penchai sur la notion de "littérature populaire", en laquelle tout cela s'englobe. 

La sélénite se rend compte qu'elle va y passer des plombes
et perdre en route les rares internautes qui se risquent sur le blog...
du coup, accélère un coup.

La première chose qu'on peut dire, ici, c'est qu'il se trouve dans les librairies bien plus de paralittérature / littérature populaire que de Littérature...

(ou "littérature de genre", si on préfère) 

Nan ? C'est pas vrai ? Mais que font donc les éditeurs ?

...et que la Littérature, avec un grand L est à placer au même niveau que les Beaux-Arts. Alors que la jolie figurine achetée dans un atelier de potier sera à ranger sur l'étagère du bouquin à passer le Temps.

Ayant posé sur la table cette "évidence"
et les  nombreux volumes ôtés sur l'étagère,
examinons ce qui y reste.

D'un côté, on trouvera les grands auteurs dont les livres sortent avec un bandeau rouge autour. Certains les aiment à la folie. D'autres les exècrent. d'autres encore les achètent pour offrir, parce que le ruban fait joli. Cela représente pas mal de livres sur les tables de mise en évidence, mais assez peu d'auteurs.

Enviable élite aux têtes couronnées de gloire... 

D'un autre, ce que l'on nomme des "classiques", c'est à dire des oeuvres déjà anciennes mais que l'on n'oubliera pas.Et ici, on se rend compte que pas mal d'auteurs nous sont restés parce qu'on les lisait beaucoup plus que parce qu'on s'extasiait sur la hauteur de leur esthétique. Les deux choses sont liées, car c'est le texte ne touche pas le lecteur que par son contenu. Il y a le fond, et il y a la forme. Les deux ont de l'importance.

Ceux dont les ayants droits touchent la tirelire...

La "litérrature blanche". Hors-genre, et difficilement définissable. Est-ce parce qu'on pense y trouver les futurs grands qu'on lui épargne d'être "para" ? Ou parce qu'elle échappe aux critère permettant de la ranger sur les étagères en question ? Est-ce l'audace des auteurs qui les mène à se promener dans le même jardin que les classiques ou une simple myopie du gardien ?

Est-ce qu'on a encore le L majuscule, ou bien on l'a égaré en chemin ?
Y'en sais bigre rien, mon bon monsieur. 

Au final de cet article sans queue ni tête...

Devant cet étrange débat, j'ai songé à mon petit catalogue chéri, mon PDF bricolé avec amour en rêvant qu'il ait un jour l'air de ressembler à un vrai catalogue dans les règles de l'art, et bêtement pâli. Contenait-t-il un seul ouvrage littéraire ? Vivement qu'un auteur y inscrive une pièce de théâtre ou un recueil de poèmes !  

On confond pas  Rodin et la figurine en plâtre achetée au marché,
ni le divertissement avec la Culture (encore que)
ni la Littérature et le roman de gare
ni les torchons et les serviettes.

Morale :
si on dit de la litérature avec majuscule qu'elle est "vraie"
et de sa petite soeur sans qu'elle est "para"...
cela veut-il dire qu'il y a des Auteurs et des para-auteurs ?

Littérature populaire & littérature vraie ...
réflexions d'une plume vide.  

Et la plume, elle va vite retourner à son clavier avant de sortir plus d'âneries...

2016-Boulogne-Saint-Jean

parce que pondre un pavé pareil juste sur le sens exact d'un mot...
de quoi se moque-t-on ?