Furie-a-Red-Creek---L300

Style années 50 mais tout à fait récent, western mais pas made in USA, très fidèle à l'esprit "Vrai Ouest" du renouveau actuel, et sans légendarisation positive ou négative.  

♦ 2018. "Furie à Red Creek"  Eric Leblanc  ♦   

Pas de nom célèbre dans le texte, mais les références historiques sont nettes, et aisées à identifier pour tout personne ayant lu un peu de romans sur cette époque ou d'ouvrages documentaires, sans compter les séries TV ou film qui évoquent les massacre indiens les plus marquants.   

Autrement dit : on ne rencontrera pas aucun général ou officier ayant laissé son nom dans l'histoire des massacres amérindiens, mais un de leurs cousins germains littéraires, tout à fait crédible. Cette évocation transparente mais par personnage voisin est à rapprocher des western années 50. Et justement : l'auteur a voulu se placer dans la lignée des romans de cette époque.

Ici, un détail : les lecteurs de western savent que le genre n'a pas peur de commencer par une mise en contexte présentant les faits globaux antérieurs (ici le contexte avec les sioux, tendu voire explosif), les personnages et leurs humeurs (etc.). Ils ne seront donc pas forcément choqués de trouver un début de cette trempe. 

Les westerns paraissent de nos jours principalement en "thriller", parfois en "histoire". Dans quelques années cela aura peut-être changé. Les éditions Eastern, consacrées au western "made in France récent" ont fermé il y a trois ans, mais dans le même temps Actes Sud et Télémaque ont créé des collections à base de "classiques", et il commence à se trouver des collections western sur de petites maisons. Qui vivra verra ! 

Dans l'immédiat : pour le public "polar", il est très possible que ce début paraissent lent et rempli d'archétypes. Clichés qui, eux aussi, font partie du style "roman populaire années 50", où on ne craignait pas d'entasser quelques-uns de ces petits mythèmes pour faciliter l'immersion. Et comme dans les années 50, les "types" glissent doucement mais sûrement vers leur remise en question.

Les partisans du "show don't tell" y verront pas mal à redire. Mais là encore, c'est lié au style recherché. La révolte littéraire contre les "il était ému" et autres verbes et adjectifs d'émotions est assez récente... et il faut bien admettre que sur un format court, les périphrases rajoutent de la longueur.

Pour être honnête, j'ai trouvé le début trop lent (ben oui... mais pas plus que pour "Terreur Apache" !) , mais l'intention "année 50" étant affichée nettement, j'ai poursuivi. Et pas regretté de l'avoir fait. 

Le fait de débuter par une mise en place sans grande surprise correspond à ma propre vision du western, et bien que le mien n'ait pas l'intention de suivre un style précis, c'est aussi ce que j'ai fait. Il serait donc de mauvais aloi de critiquer là-dessus ! 

J'aurais néanmoins aimé m'attacher plus vite à l'un ou l'autre personnage. Hélas, le héros n'entre pas tout de suite en scène. La fin, quant à elle, m'a surprise, et pourtant ne l'aurait pas dû, car encore une fois fidèle aux standards de l'époque.

Enfin, et c'est sûrement ce qui m'a le plus marquée : la documentation, bien que n'étant absolument pas mise en avant, est très intense et bien employée. Chapeau l'artiste ! Preuve est faite qu'un auteur de western n'a pas besoin d'être américain pour connaître et approfondir les guerres indiennes. 

 

J'ai découvert ce livre par un groupe facebook, et l'auteur par la même occasion.
Le roman (ou grosse nouvelle) est disponible gratuitement ici : 

https://ericleblancauteur.wordpress.com/category/ecriture/arrow-westerns/