J'ai totalement zappé la sortie de ce film. Il faut dire que je vais peu au cinéma et ne surveille guère les affiches.    

♦ 2017. "The Rider"  Chloé Zhao  ♦   

Il aurait été dommage de le louper tout à fait. Merci, donc, à l'auteur du post sur forum qui m'a attiré l'attention dessus. La bande-annonce m'ayant séduite et le film n'étant plus à l'écran, je me suis offert le DVD.  

Je n'ai pas été déçue. La bande annonce l'annonçait rempli de sensibilité et de chevaux. il l'est effectivement, et ne commet pas l'erreur d'abuser sur les cavalcades ou tomber dans la sensiblerie. S'il fallait ne choisir qu'un mot : il est humain.    

Il appartient à un domaine du western qui peut ne pas être considéré comme tel : le western contemporain, au cadre moderne voire tout simplement actuel. La mère du héros est morte en 2013 : c'est donc parfaitement "de nos jours". 

Les puristes de la conquête de l'Ouest et les amateurs de baston en seront donc pour leurs frais. Pour ce qui est des "scènes sensibles" : néant absolu, si bien qu'on peut le considérer comme "tout public". Il y a quand même des risques que les enfants s'y ennuient ou ne comprennent pas tout (assez peu de choses, en fait, et cela dépendra de leur âge). Les amoureux de chevaux dans les prés, d'équitation, de western réaliste ou simplement de philosophie de l'existence devraient par contre y trouver leur pâture.   

 Le synopsis est basé sur un cavalier de rodéo qui, après une mauvaise chute, voit sa carrière brisée et doit réapprendre à exister. Un thème qui pourrait facilement mener au larmoyant, mais ne le fait pas. Le dosage entre énergie d'aller de l'avant et contraintes liées à la blessure produit un très bon moteur et la nostalgie ne parvient jamais à attendre le stade des regrets mélodramatique. Rien de sur-joué.   

Les prises de vues en gros plan, les jeux d'ombre et les passages en silence (+ musique) avec action lente sont nombreux. Le tout produit un ensemble très poétique et expressif.   

Les articles que j'ai parcourus, le synopsis et la bande-annonce ne précisant pas quelles sont les séquelles laissées au cavalier par son accident, je ne m'attendais pas à être rapprochée de lui par ma propre maladie. Peut-être, si j' l'avais su, aurais-je hésité à le voir, des fois que ce soit traité de façon trop marquée. C'est très bien évoqué, sans chouineries ou apitoiement. J'ai retrouvé en Brady (le héros) toute l'énergie triste, désireuse de vaincre mais consciente "au fond" de ne pouvoir atteindre le but.   

Réussir n'est pas le plus important. Ce qui compte est d'essayer et aller au plus loin des possibilités. Se heurter à l'impossibilité de les abattre pour mieux les repousser millimètre par millimètre.    

Le symptôme de la main qui se crispe, qui refuse d'obéir... qu'est-ce que je le connais ! Il fut, à une époque, quotidien pour moi. Les crises de Brady sont plus clairsemées mais plus violentes que les miennes. Sachant que toutes les épilepsies sont différentes, je n'ai pas de raison de m'en étonner. Par contre, détail technico-anatomique : n'y aurait-il pas erreur à propos du côté de la tête où s'est produit le choc, par rapport au bras qui s'en trouve gêné ? Un minuscule détail, qui ne frappera que les médecins et quelques personnes dans mon cas. Et de toute façon, sans interraction avec le scénario. Cette remarque est donc une pinaille. Etrange, car à côté de cela, les aspecta médicaux et hospitaliers sont traités avec beaucoup de soin.

The-Rider

 Parmi les personnages importants, on trouve un autre jeune cavalier, accidenté dans des circonstances semblables mais qui s'en est moins bien tiré. Il ne peut pour ainsi dire plus beaucoup et est sans cesse agité de petites convulsions. Incapable de parler, il s'exprime par signes (alaphabet des mains). Il renvoie à Brady l'image de ce à quoi il a échappé, et lui offre aussi un moyen et une raison d'aller de l'avant. L'image de fin me donne envie de croire que l'avenir du dresseur blessé se situe dans les soins rééducatifs.

https://www.offi.fr/cinema/evenement/the-rider-67737.html

 Sur la copie d'écran ci-contre (cliquer pour aggrandie), le film a reçu 4 étoiles.
Comme je suis une grosse flemmarde, je n'ai pas cliqué pour en mettre 5.
QUe voulez-vous... mettre une note sans commenter m'agace.
Pourtant, il faudra que je m'y mette, puisque la société actuelle fonctionne ainsi !

2018-the-rider

Autre pinaillage (mais sur un point qui m'aurait peut-être échappé sans l'un des posts du forum sus-mentionné).  >>> le héros est un peu Indien sur les bords. Il ne le porte pas tellement sur son visage ! Alors que le film regorge de personnage chez qui cet aspect est visible, voire assez net. Est-ce dommage ? Ou pas ? En tous cas, c'est crédible, puisqu'il est seulement un quart indien. Cela pourrait quand même amener réflexion sur le "pourquoi" du détail et les coulisses du tournage. Ceci étant du pinaillage de haut vol.  

Bref... très beau film où même l'aspect contemporain conserve un élément primordial du western : la rencontre de deux univers. Ici, le passé et le présent, le rêve un peu épique et la réalité douloureuse.