Nous vivons dans un monde en petits morceaux, et qui se disloquent de plus en plus petit.

A terme, restera-t-il seulement du sable ? Ou une humidité bienvenue fera-t-elle de cette poussière une boue susceptible de se fabriquer une nouvelle solidité ?

Terre-Disco

Notre monde me fait de plus en plus penser à l'idée que j'ai tenté de toucher du doigt avec mon projet d'écriture "Sinistre DiscoBall". Je n'arrivais pas à le voir assez bien pour le raconter, le décrire... et voilà qu'il s'approche à grands pas.

Des gens fragmentés, dans un monde fragmenté.

Des petits morceaux ternes par ici et brillants par là. Les mêmes pourtant.

Et qui ont l'air d'une explosion alors même qu'ils sont agglutinés.

Et qui ont l'air d'une masse quand ils ne sont plus rien.

 

Tout est lié. Rien ne peut se régler sans régler le reste aussi.*

La logique ordinaire voudrait aborder la chose par le haut, comme on le fait depuis la nuit des temps.  Les chefs ont pour rôle de gérer la masse. Sauf que non. Quand ils ne peuvent pas s'entendre et ne le tentent même pas vraiment, ça ne marche pas.

L'instinct animal, présent aussi chez l'être humain, ses groupes et les chefs qu'il se donne, voudrait qu'on règle ça en chacun pour soi, quitte à tout perdre en voulant conserver le plus possible.

Et à l'intérieur de la sphère ? Est-ce qu'il n'y a pas une force pour maintenir collés les petits morceaux ?

 

Comment peut-on espérer stopper la pollution quand chaque pays la gère à sa façon, se décharge de ses sacs poubelle en disant que le voisin en a plus ? Quand on se rue sur l'étagère du Nutella pour prendre six bocaux en écrasant ceux qui veulent n'en prendre qu'un ? Quand les pays qui avec quelques degrés de plus, auront plus de chances que d'autres de conserver une agriculture oublie que les campagnes ont besoin de vivre ? Quand ceux où on mourra de sécheresse ou des typhons s'autodétruisent au lieu de chercher quels remparts établir ? Quand ceux qui en ont les moyens dilapident sans profit pour personne ce qui pourrait en faire vivre des centaines ?

Il y a cent ans, la plupart des foyers ne connaissaient pas l'électricité. Encore moins le téléphone. On communiquait au ralenti et prenait le temps de recoudre les chemises déchirées.

Est-ce qu'on attendra le retour aux silex et aux peaux de bêtes pour se rendre compte ?

Pas un par un. Pas juste quand ça nous arrange. Tout le monde, dans les fibres de tout son corps et au fin fond des réflexes.