2019-06-27--IMG_2197---500Le Western a été, à une époque, un genre littéraire très demandé. Cela a duré un certain temps, puis les goûts du public se sont orientés vers d'autres types d'univers. La Fantasy, notamment, s'est taillé une part du lion puis a "fait des petits", qui eux aussi ont grandi férocement. Le Portal Fantasy et l'Urban Fantasy, de nos jours, occupent une jolie place, et l'Urban a donné naissance à la Romance Paranormale.  

Rien que de très normal ! Rien n'est éternel. Tout finit par disparaître ou changer.  

Il est bien clair que je n'ai pas choisi le genre le plus en vogue, quand j'ai écrit mon roman, il y a à présent cinq ans. L'explication pouvant être que je n'ai pas choisi le roman à écrire mais été choisie par lui qui avait envie d'être écrit.

Rêver d'un retour en force est assez utopique, du moins à l'identique. Cependant, il est clair que le Western littéraire est conjugable à pas mal de sauces.

Déjà clairement employé :
- Roman historique et/ou de voyage.
- Thriller (c'est brutal, un western, chacun sait ça)
- Young Adult animalier.
- Bande dessinée.

Ceci évoquant ce qu'on trouve en France. Si on va voir aux USA, il y aura sûrement beaucoup plus de choix.

Pour le moment marginal (mais fait) :
- Rétrofuturisme
- Urban Fantasty
- Romance "ordinaire" ou LBGT+
(vu le retour de mode de la romance, qui est bien net, il y a de l'avenir, là !)
- Variantes du western sous d'autres cieux
(encore plus marginal que le western proprement dit)

margeJe constate assez médusée que je n'arrive pas à caser mon roman dans l'une ou l'autre de ces cases !

Employable :
- Roman Féminin (terme que je n'apprécie qu'à moitié, car j'en ai croisé des définitions différentes entre elles, certaines me plaisant, d'autres pas, et toutes n'étant pas équivalentes du tout... bref : je le prends ici dans le sens de "avec personnage" féminin" de fort tempérament" ).
Là, ouf, mon roman commence à entrer dans la boite !
- Polar psychologique (les cowboys ayant tout de même des neurones en plus de leurs poings)
Là aussi, j'aime à penser que je rentre dans la case, mais sans en être bien certaine (les lecteurs jugeront).
- Vintage (parce que dès que la nostalgie se pose quelque part, le vintage suit)
- Uchronie
Du genre : "et si les colons américains avaient adopté les us et coutumes améridiens, au lieu d'imposer les leurs ?"
Tiens, faudrait que j'essaye !
Ou encore : "et si on n'avait pas inventé le moteur à explosion et du coup, pas développé le pétrole ?"

La mode écologique pourrait aussi faire croître en France une littérature pour le moment à classer dans les "genres niches" mais très courante aux USA : la "country", c'est à dire employant le cadre naturel au premier plan, comme un personnage. Une approche du décor que les fans de SF type Marvel connaissent bien, mais pour d'autres décor, et qui est très typique de l'esprit littéraire américain (et encore plus dans les films et BD).

Il serait également sympa que le genre perde l'image de violence qui lui colle aux basques. Cette réputation fut, dans les années 50 justifiée, parce que le cinéma américain, soumis au code Hays, n'avait droit à la violence (et encore) que dans les films historiques le justifiant. Or, le rude monde des colons le permettait amplement ! Mais depuis, la violence a copieusement gagné d'autres univers littéraires et cinématographiques. Sur les années 50 et surtout 60, il faut aussi prendre en compte les "spaghettis" et autres westerns non américains, qui ont abordé la violence de manière plus réaliste et les colons de façon encore moins idéaliste que les réalisateurs américains.

Ombre-et-souris---500A la décharge de ces derniers : le code Hays imposait des héros ne buvant pas, ne se déchirant pas les habits, ne jurant pas (etc.), sauf raison majeure d'un caractère particulier dudit personnage, ne pouvant être dissociée du scénario. Cette obligation  a eu pour effet (tiens donc) de développer les thèmes du marshal ivrogne, du bad boy repenti et de la fille perdue au grand coeur (thèmes repris en version + par les westerns non américains, puis en ++ par le cinéma post code Hays). Inutile de regarder un western des années 50 en espérant y voir gicler le sang ! Privés de violence physique réelle, les réalisateurs avaient été obligés de développer l'aspect psychologique et les personnages torturés intérieurement.

Même en images d'Epinal, on peut parler de choses brutales.

Mine de rien, le comité Hays aurait été bigrement choqué en visionnant les grosses affiches actuelles.

Mais dant tout ce blabla, je suis en train de glisser dangereusement de la littérature vers le cinéma. Les deux sont étroitement liés, et il ne faut pas attendre un renouveau en littérature sans un regain d'intérêt au cinéma, mais ce regain au cinéma n'entrainera pas obligatoirement que les gens aient envie de lire des romans du genre. Ni de quelle forme du genre ils choisiront les ouvrages,  car comme dit plus haut, il y a pas mal d'orientations possibles.

Il vaudrait mieux, pour s'interroger sur le lien entre western et violence et la possibilité de réduire la place que ce lien a dans les esprits, me questionner sur ce que je vois, au juste, dans ce genre. Ce que j'y cherche. Ce sera pour un autre article. 

Pour le moment, j'ai au moins remarqué un symptôme intéressant :

Il y a trois ans (ou même deux), quand quelqu'un dans la rue s'intéressait à mon chapeau (il ressemble à celui porté par ma mascotte), c'était pour se moquer, et il est même arrivé que ce soit pour m'insulter (chapeau de cowboy = pro-américain...). A présent, c'est pour me dire qu'il est beau.