Ce qui était prévu, aujourd'hui, c'est une chronique de livre... mais elle attend encore d'être rédigée. 

Nous sommes à #DeconfinementJour6 : déjà presque une semaine déconfinée ! 

2020-05-Jeff-Bill-attestationLundi, j'avais l'étrange sensation d'être encore en hiver, malgré la durée des jours et le soleil de ces dernières semaines. Une drôle d'impression qu'en fait, le sable s'est bloqué dans le sablier pendant deux mois et qu'il vient de se remettre en marche. Le calendrier dans le coin inférieur droit de mon ordinateur indiquait le 11 mai, mais mon subconscient était persuadé de n'être que le 18 mars. Le #DeconfinementJour1 a donc été une journée identique aux précédentes. Juste des coups de téléphone et des cogitations en plus. Et un appareil en panne à changer rapidement.

Ma première sortie déconfinée n'a eu lieu que mardi après-midi. #DeconfinementJour2. Sac à dos pour remplacer le sac à main, avec liseuse pour pouvoir faire une pause, gourde d'eau parce qu'il n'y aura pas d'arrêt possible au café, sacs tissu pliés et petite liste des courses à faire. Ne rien oublier. Veste en jean des fois que le soleil se planque. Masque (là, j'en ajoute un de rechange dans le sac à dos). Attest... ah non, pas l'attestation. Je repose mon crayon et le bout de papier que je viens de prendre. 

Mes attestations pour aller à la supérette, je les ai préparées sur ordinateur à imprimser 3 par feuille A4. Près de la porte, il en reste quatre. Plus quelques attestations "tous usages possibles" imprimées en début de confinement et réservées ensuite pour d'éventuelles sorties "exercice physique". En huit semaines : 16 attestations, dont 15 pour aller à la supérette. Cela m'a suffi pour prendre l'habitude de ce bout de papier... qui était à chaque fois l'occasion de me demander si j'avais vraiment besoin et envie de sortir. 

Masque sur ne nez, me voilà béquillant le long du boulevard. Hésitation à l'arrêt de bus. Est-ce que je l'attends pour le prendre jusqu'au tramway ? Ou bien je continue à pied ? Après deux mois de manque d'exercice et absence de kiné, mon genou flanche à fond la caisse, alors ne devrais-je pas réserver mes forces pour le centre-ville ? Je décide de marcher. A l'arrêt du tramway, suis accueillie par une jolie affiche expliquant que le masque est obligatoire et qu'il faut respecter les places marquées interdites. Je m'assied, toute pensive. Et j'attends. Puis le tramway est annoncé "en approche", alors je mets mon masque.

Jeff-et-les-BB-laituesC'est bizarre ce tramway que je vois bondé neuf fois sur dix où je le prends, et qui est presque désert. Tout le monde avec son masque... ah non, voilà deux types avec bière à la main et sans masque. Ils s'installent dans le carré de siège de l'autre côté de l'allée. Au retour, je verrai aussi un gars sans masque, mais un téléphone à la place de la bière. Au passage piéton d'une rue adjacente au boulevard, j'ai vu une femme à grand voile beige et masque marron. Il y a cinq ans, cette tenue aurait horrifié tout le monde. Elle a le front et les yeux d'une personne épuisée. Ici, je vois un couple avec masque à carreaux pour lui et à fleurs pour elle. C'est presque mignon.

Très content de son masque façon chemise du cowboy Malboro, il gargarise sa copine de félicitations. Qu'on ne vienne pas dire que les hommes sont insensibles aux accessoires vestimentaires. En même temps, je le comprends. J'ai cousu le mien dans un tissu vert foncé qui me semblait assez lisse et serré, mais dont la couleur m'agaçait d'avance, et finalement, en regardant mon reflet dans la vitre, je trouve qu'il ne va pas mal avec mon chapeau. #VictimeDeLaMode ! Futilité ? Oui... mais pas que. Si on doit apprendre à vivre avec, ça passera forcément par un peu d'humour. 

En ville, je croise deux demoiselles marchant avec de grandes boissons dans les mains. l'une a abaissé son masque sur le menton mais ne boit pas et parle en faisant des grands gestes. L'autre a gardé le masque et se concentre pour ne pas le déplacer trop fort avec sa paille. Cela aussi c'est presque mignon. Et ça donne l'impression qu'on pourrait s'y habituer, à vivre avec ces trucs. Me voici en train d'imaginer la vie dans un monde où tout le monde aurait un masque sur le nez (sauf peut-être les bébés dans leurs poussettes ?).

2020-05-07--Jeff-couturePremier magasin (celui de dessin) : pas plus de trois clients à la fois et gel obligatoire à l'entrée. Il y a déjà cinq personnes qui font la queue. J'hésite, et attends. Pour cinq minutes passées dans le magasin (qui auraient pu n'en être qu'une, si j'avais tout de suite renoncé à trouver un produit absent), j'en aurai passé plus de vingt à attendre dehors.

Deuxième magasin (pour son rayon mercerie) : le nombre maximal n'est pas indiqué à la porte mais un employé compte les clients et leur verse du gel sur les mains, en quantité double ou triple de ce qui suffirait. Ici, quatre personne devant moi ont renoncé à faire la queue, si bien que j'ai assez peu attendu. J'ai l'habitude de traverser les rayons de linge, décoration et habillemet remplis de monde et trouver la mercerie déserte ou quasiment. Cette fois, on dirait que tous les clients s'y sont donné rendez-vous. La distance de sécurité est variablement respectée selon les endroits. Malgré les sens obligatoires imposés ici et là, il y a pas mal d'endroits où il faut se croiser, et on stationne aussi devant les rayons. Comme on essaye de ne pas se tenir trop proches tout de même, les mouvements et déplacements des uns et des autrs se gênent un peu, mais tout le monde est calme et l'humeur est bonne. A part deux jeunes dans les 20 ans, l'ambiance est voisine de celle des jours d'affluence dans le rayon.

C'est presque familial, un rayon mercerie. Les clientes sont toujours un peu les mêmes. Clientes et non clients, car il faut bien le reconnaître, les hommes y sont rares. Une fois j'avais aidé un vieux monsieur à trouver un fil de telle marque et tel code couleur. Une autre fois, aperçu un papa esseyant de choisir un canevas à offrir à sa fille. Sur les blogs de couture, on constate que les hommes s'ouvrent aux travaux d'aiguille, mais c'est encore très loin d'être général. Il est vrai qu'on peut acheter du tissu sur internet (je le fais souvent, mais ne serais pas fachée si la boutique proposait des catalogues d'échantillons, pour se faire une idée de la qualité proposée). Et il y a aussi des grosses boutiques de tissu en zone commerciale.

2019-09-13--Jeff-Bill----assis-sur-cagette---bisLe jeune couple pas à l'aise est venu chercher de quoi faire des masques. Le magasin ayant déjà été dévalisé sur les coupons prévus à cet effet et les tissu les plus utilisables, ils essayent de choisir autre chose, mais qui convienne aussi. Le gars est très gêné. Il ne sait pas coudre, a besoin de plusieurs masques pour aller à son travail et a l'impression d'imposer une corvée à sa compagne qui n'est pas une fana des aiguilles. Elle le rassure en disant que ça lui fera passer le temps. Puis se reprend, ajoute qu'elle va les faire le plus vite possible, et propose un autre rouleau que celui qu'il regardait un instant plus tôt. Ils ont beaucoup de mal à se décider. Arrivée après eux, je repars avant, avec pourtant quatre tissus différents.

En sortant, je constate un énorme intérêt à faire la queue à l'extérieur : il n'y en a pas à la caisse. C'est toujours ça de gagné. Prévisible ? Oui? mais je n'y avais pas songé... et c'est rudement agréable de ne pas poireauter avec les articles sur le bras.

Troisième magasin : le gel est mis à disposition, mais pas imposé. Ma peau en est bien contente, parce qu'elle est sensible et la dose reçue au magasin n°2 la brûle encore. Je suis venue chercher de l'amidon et du cordeau ne se détourant pas. Je trouve l'amidon mais pas le cordeau. Je prends aussi une bouteille de #GelHydroalcoolique, car même si je suis d'avis qu'il vaut mieux l'employer #AvecModeration , ça peut être bon d'en avoir.

Et pour conclure la #Promenade : achat de croissant pour le manger assise sous une statue, en buvant à ma gourde. Les pigeons semblent enchantés de voir du monde et se ruent en foule pour picorer. Mince alors ? Il fait tant de miettes que ça mon croissant ? En fait, quand je pars en secouant le papier, ils sont beaucoup moins empressés, alors que cette fois, les miettes sont évidentes. Conditionnés à picorer aux pieds des touristes.

2019-08-07--Jeff-Bill-fruits-et-legumes--02#DeconfinementJour3 : pas de sortie. Je passe le mercredi comme le lundi, c'est à dire à l'intérieur.

#DeconfinementJour4 : durant mon #ConfinementJour1 j'ai repris deux rendez-vous médicaux annulés en mars. L'un d'entre eux est celui chez la kiné. Jeudi matin, mon genou retrouve ses exercices... et s'y révèle un vilain petit cancre. Sans surprise. Il était en progrès mais a régressé pendant le confinement. Météo peu encourageante et même un peu refroidissante. Moi qui avait l'impression d'être encore mars, je suis servie ! 

#DeconfinementJour5 : sortie supérette. J'en ramène un caddie moins lourd que prévu, parce qu'il n'y avait plus que deux bouteilles de lait entier. Je pensais prendre un pack de six. Tant pis pour les provisions. J'ai de quoi faire mes yaourts, c'est l'essentiel. Journée identique à celle confinées. Même pas profité de mon carré de terrasse parce que malgré le soleil, il fait frais. Tout à fait consciente d'être vendredi et que le samedi est jour de publication sur mon blog, mais j'ai la flemme de rédiger un article. Flemme aussi de bosser mon site internet, d'ailleurs. Par contre, comme j'ai réussi la veille à à avancer sur un peaufinage de texte où je stagnais depuis le 1° mai, je m'oblige à poursuivre.

2019-06-27--IMG_2206---500La lecture de quelques pages web à propos de la crise qu frappe l'univers éditorial depuis plus de dix ans et des effets que le Covid y aura ne m'a pas aidée à avoir bon moral. Le monde du Livre sent le sapin. Beaucoup de gens se sont mis à lire pendant le confinement, mais ils n'en sont probablement pas conscients. Il y a aussi, parait-il, beaucoup de gens qui se sont mis à écrire. Vu les statistiques de mon blog, où l'article parlant de ce que coûte un envoi de manuscrit a cinq ou six fois plus de fréquentation qu'avant, je veux bien le croire ! Le nombre de nouveaux inscrits sur le forum d'auteurs que je fréquente, a lui aussi augmenté, mais ce sont plutôt des gens qui écrivaient déjà et ont plus de temps à y consacrer. Sur l'autre plateau de la balance, on trouve des auteurs écrivant déjà et qui n'ont plus coeur à écrire.  

#DeconfinementJour6 ... nous y voici, et je ne pense pas que je sortirai. #Epilepsie + #StressAmbiant = #PasTopEnForme . Je me suis réveillée avec d'intenses fourmillements et le coeur affolé. Mauvais début de journée. Pourquoi ? Peut-être la faute à cet hélico qui m'a réveillée vers une heure et demie du matin. Ou bien juste la #FatigueNerveuse qui perdure. Les symptômes épileptiques sont devenus très fréquents, depuis deux mois. Normal. Le stress est mon pire ennemi. Avec ou sans hélico passant au-dessus de chez soi, tout le monde est soumi à une tension importante, en ce moment. J'espérais finir aujourd'hui un dessin qui traîne en longueur et m'énerve un peu. Il est probable que je n'y toucherai pas.

Nous voici passés en #Deconfinement + #EnfinBougerUnPeu + #RestonsPrudents = il va falloir trouver des équlibres de vie

Crénom d'un chaudron... qu'il est long, ce post ! Moi qui pensais n'avoir rien à dire...