Edition ou auto-édition = mon choix
L'auto-édition existe depuis longtemps (je crois même qu'elle est plus ancienne que l'édition dite "classique"), mais elle souffre de nos jours d'une réputation de mauvaise qualité. Cela commence à s'améliorer, mais de manière très timide, et ne disparaitra sans doute jamais.
Il y a des auto-édités qui choisissent cette voie tout de suite, parfois même avant d'avoir fini le roman. D'autres s'y tournent par facilité, par impatience ou flemme de traverser une éventuellement longue recherche éditoriale. D'autres encore parce que cela offre plus de liberté sur la présentation. D'autres encore parce que le genre littéraire du livre n'est pas très demandé par les éditeurs. Et pour finir, il y a ceux qui n'ont pas trouvé éditeur et s'autoéditent, comme on dit, "par dépit".
On dira sans doute que j'appartient à la dernière catégorie. C'est un peu vrai, mais pas seulement. Il y a aussi, et peut-être même surtout, du ras-le-bol. Pas un petit agacement. Non, un bon gros ras-le-bol. Pas tant de mes tentatives que dans l'image que j'ai du paysage éditorial.
Le premier texte que j'ai envisagé d'auto-éditer, c'est mon "machin à la con", dont j'ai su dès le début qu'il était inutile d'essayer de le caser chez quelque éditeur que ce soit. Il a été entamé en mai 2015 comme un pari idiot avec moi-même. Je pensais caler rapidement mais à la fin de l'automne, me suis rendue compte qu'il y avait peut-être une chance d'aller jusqu'au bout. Et au printemps 2017, j'ai atteint le point final du premier jet. L'étape suivante, c'est dire le peaufinage, avait été entamée dès l'année précédente, et dans le même temps j'avais commencé à m'initier au maniement des outils d'auto-édition, car à ce moment-là, je pensais le publier en E-pub. Tant à faire un pari idiot avec moi-même... autant le faire entièrement !
Assez vite, j'ai envisagé d'appliquer le même traitement à ma série Urban Fantasy qui se compose de texte trop longs pour la plupart des éditeurs de nouvelles et trop courts pour la plupart de ceux de roman. De plus, je nourissais l'envie d'un livre avec des illustrations, et la nourris encore. Par-dessus le marché, j'y procède à une petite fantaisie dans les guillemets, or les guillemets sont refusés par certains éditeurs et ceux qui les acceptent ne voudront sans doute pas d'un emploi de deux sortes de guillemets dans le même texte, même si c'est pour deux usages à la signification différente.
Sur ces deux-là, c'était du choix délibéré, mais influencé par la perspective de refus à venir plus que par une envie de liberté.
Même si il y a tout de même une idée de liberté, au niveau créatif. Au niveau de la promo et de la vente, je n'avais pas la moindre idée de ce qu'il faudrait faire et étais bien consciente que l'aventure serait risquée. Mais comme ce n'était pas pour le lendemain, j'avais le temps de réfléchir, me renseigner et m'organiser.
Pour le western, au début (2015), j'ai choisi de chercher, et je m'y entêtée un moment, parce que, tout de même, je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de me lancer sur cette voie. Pourtant, c'était également un texte dur à placer, non par sa structure, mais par son genre. Où était la différence ? Peut-être juste au niveau de ce qu'il me semblait prêt à rencontrer un public ou du moins à le tenter, alors que les deux autres exigeaient encore du travail. Autrement dit : avec les autres, je disposais d'un délai de préparation.
Et puis, il faut du temps, pour autoéditer, temps qui ne sera pas consacré à d'autres occupations.
Sans compter que je n'avais pas la moindre notion de tout ce qu'il va falloir maitriser pour devenir ma propre éditrice, ni le moindre réseau facebook (à présent, il faudrait que je passe à instagram et twitter, parait-il... mais franchement, ça m'agace cette escalade dans les communications virtuelles).
Et il faut ajouter ma santé hyper-fragile, toujours en train de s'effondrer, qui ne m'aidera pas. En 2015, je m'extrayais d'une longue période d'asthme bien rude et bien paralysant. Et fonçais droit vers une anémie. Laquelle a été suivie d'un changement de médicaments avec effets secondaires. La petite routine d'une existence de pauvre chose toujours malade.
Premiers envois fin 2015. Suivants courant 2016, toute feu toute flammes. Bien décidée à trouver éditeur et à ne pas jeter mon bébé-texte le plus bichonné dans le même panier que ses frères à structure compliquée (pour lesquels le projet autoéditorial n'était encore qu'au stade "va falloir apprendre"). Je me voyais en "auteure mixte" (à la fois en édition classique et en autoédition, selon les textes), et encore à présent, malgré tout le recul que j'ai pris, c'est encore ce qui me semble la voie la plus raisonnable.
Début 2017, j'ai trouvé un éditeur et annulé mes envois encore sans réponse... puis perdu mon éditeur avant publication. Grosse leçon à retenir : ne pas accepter un accord verbal téléphonique (un échange de mail aurait laissé des traces écrites) avec mention "on s'occupera du contrat quand on aura le temps". Fermeture de la collection, m'a-t-on dit. En fait, il y a eu cette année-là une réduction des auteurs et du catalogue de la maison. La collection a ressuscité quelques mois plus tard, avec des textes passés dans le domaine public.
Un dégout de la recherche éditoriale a commencé à me prendre à la gorge.
Au même moment, beaucoup de petites maisons ont fermé. Dure période pour les petites maisons (et ce n'était qu'une période dans une longue crise).
Celle qui m'avait acceptée puis écartée a d'ailleurs fini par le faire. Une autre, qui avait refusé tout en me disant qu'ils accepteraient de relire le texte remanié, a fermé aussi. J'avais beau ne pas avoir envie de me plier à leurs exigences, ça m'a peinée, car l'éditrice m'a paru très sympa. Celle-la a finalement été absorbée par une autre maison, donc leur histoire se termine bien.
Quoi qu'il en soit, cette fragilité croissante des petites maisons ne m'a pas semblé encourageante.
Ebranlée par des soucis personnels, j'ai traversé en 2017 une très longue crise de confiance en moi et encore plus en mes textes. Pour une fois que ce n'était pas ma santé qui posait problème ! Pourtant, j'ai tout de suite envisagé d'ajouter mon western à la liste de mes autoéditions. Après avoir "soigné" ma crise de confiance, je me suis attaquée à une énième correction, dans l'enfilade de celle du roman "année 40" terminé en janvier 2017, avec en un premier temps l'idée d'une dernière vague d'envois simultanée à la première de l'autre roman.
La préparation d'autoédition a débuté au moment de cette vague d'envois. Je la voulais rapide en fin de la même année (2018), ou premier semeste de la suivante. De gros ennuis de santé (très très gros) ont à la fois donné envie d'accélérer et gêné la réalisation.
Le refus argumenté avec option "porte ouverte à 2° version" est arrivé sur cette dernière vague, et l'une des exigences sur la version remaniée m'a paru tellement absurde que j'ai entamé un remaniement totalement inverse. Puis il y a eu un énième peaufinage hyper-attentif, et une correction encore plus attentive sur les fautes et coquilles. Et pour finir, un gros craquage de nerfs qui m'a conduite à mettre le projet en attente, le temps de me reconstruire.
C'était en 2019, un mois et demi environ après la deuxième série d'envois pour l'autre roman. Bien qu'ayant repéré, en faisant la liste pour mon roman n°2, quelques maisons qui auraient pu convenir au n°1, je n'ai pas refait d'envois pour lui. En 2020, il n'y aura d'envoi ni pour l'un ni pour l'autre. Ras-le-bol ! J'y reviendrai sûrement un jour, mais pour le moment, je prends mes distances et repose ma cervelle.
La liberté, c'est joli à imaginer, mais c'est aussi se débrouiller sans aide, et gérer des tâches nouvelles.
Réalisant que le stress n'était pas mon ami (je le sais depuis longtemps) et qu'il me guettait de si près que j'étais entre ses griffes, je me suis imposé de mettre ça "au repos" pendant quelques mois, et me suis occupée du peaufinage d'un autre texte (le space opera). Puis ai repris la correction pré-éditoriale à un rythme prudent et en m'accordant l'écriture d'un nouveau roman comme "récréation".
La correction est à présent terminée... ou presque, car j'attends avis de trois personnes à qui j'ai confié de relire le roman.
Les étapes suivantes seront la mise en forme du livre et la préparation de dessins en vue d'une exposition que j'espère pouvoir placer au lancement du roman et qui en serait la première "phase publicitaire".






