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Textes, lectures et crobards sélénites
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15 février 2020

Créer un personnage

2019-09-21--Jeff-Bill----dessinA moins de raconter la vie d'un caillou sur un chemin où personne ne marche jamais : pas de récit sans personnage.  Pas non plus de récit sans histoire, il est vrai.  Ce ou ces personnages peuvent être approfondis ou pas, ou entre les deux. Il peut être original, attachant ou cliché. Il peut être tête d'affiche, simple figurant ou acteur parmi d'autres.  

Chaque auteur a son rapport aux personnages et sa façon de les créer et manipuler.  Trop flemmarde pour tenter un catalogue des façons de procéder, je vais m'en tenir... aux miens. 

Mon avis d'auteure n'est pas l'avis de tous les auteur.e.s (auteur.trice.s si on préfère). Comme en beaucoup de choses, les opinions diffèrent, avec influences plus ou moins grandes de nos opinions sur d'autres sujets, préocupations plus ou moins majeures, questionnements plus ou moins d'acutalité, etc.

 Comme j'en ai énormément, il n'est pas question de les présenter tous. Cela ne servirait d'ailleurs à rien, car je perdrais en cours de route la patience de les expliquer.

Un petit gadget intéressant... ou pas

En bas de cet article, vous trouverez le lien d'un "test de personnalité" intutilé "test de Mary-Sue / Gary-Stu" et supposé déterminer si les personnages de romans ont des chances de plaire ou agacer par leur éventuel manque de vraie personnalité, et d'être dotés d'une personnalité cliché ou fantasme. Il vaut ce qu'il vaut, c'est à dire qu'il n'est pas infaillible (ce serait trop facile). Je l'ai fait passer à certains de mes personnages, mais ai très vite compris que ma façon d'écrire ne porte pas aux mêmes risques que ceux envisagés par l'auteur de ce test.

70623306_mLe test comporte deux parties : ( 1 ) points négatifs, dont l'accumulation peut faire craindre d'avoir créé un Gary-Stu ou une Mary-Sue ( 2 ) points positifs qui atténuent ladite accumulation en y déposant une pointe de personnalité non-cliché. 

L'exemple le plus flagrant de ce "raté" du test avec avec ma manière de créer s'est présentée sur le héros de mon roman Ange Martin. Non content de n'accumuler que fort peu de points négatifs, il a collectionné les points positifs. En fin de course, lors du décompte final, je me suis demandé s'il n'allait pas faire un score négatif ! Non, tout de même pas. Mais son score très bas le renvoie vers la possibilité de n'avoir pas assez de personnalité. Comme,tous textes confondus, il est le plus travaillé de mes personnages, et qu'il a fait bonne impression à toutes les personnes m'ayant donné avis, je pense qu'il en possède tout de même une ! 

Terry Quinn, de mon "bidule à la con" Sinistre DiscoBall a lui aussi passé le test. Sans trop de surprise, il frôle le Gary-Stu. Or DiscoBall est peuplé de personnages "type" et voulus tels afin que le lecteur n'ait aucun mal à imaginer leur vie factuelle et que je puisse me concentrer sur le contenu de leur caboche. Est-il agaçant comme un Gary-Stu, c'est possible, tout comme il est possible que non. La démarche d'écriture un peu particulière change les règles ici aussi.

27221761_mTrois personnages importants de mes Errances Galactiques ont également été testés, et ils ont obtenu le même résultat que Martin : peut-être pas assez de personnalité. Comme je craignais qu'ils obtiennent des résultats positifs, cela aurait pu me paraître rassurant, mais j'ai plutôt paniqué. Au final, mes aide-lecteur ayant assuré que non, la personnalité ne manque pas, j'ai choisi de les croire et cessé de perdre mon temps avec ce test qui, décidément, ne m'apprend pas grand-chose.

Pourtant, je reste très attachée à l'idée que des tests de personnalité peuvent aider à construire un personnage... mais il faudrait tenter le coup avec des tests comme on en trouve dans les magazines "féminins", type de parution que j'ai très rarement entre les mains. Celui de Mary-Sue / Gary-Stu ne convient vraiment pas à mes univers !

Il faut dire que ce test comporte des questions qui, dans un contexte réaliste perdent tout le sens qu'elles auraient dans un roman fantasy, et d'autres qui ont nettement plus d'intérêt en romance qu'en polar. Voilà pourquoi mes personnages font, dans la première série de questions, des résultats aussi bas ! Les texte donnant une part majeure au ressenti et réduisant les actions et interractions sont également moins accordés au test.

Et de toute façon, il y a des héros de best-seller qui sont positifs au test mais n'agacent pas forcément le lecteur (ou pas tous).

Inspiration

2009-faunesseCe qu'il faut retenir du test de Mary-Sue / Gary Stu, ce sont les inspirations mises en évidence par ses questions.

- personnage très directement inspiré de l'auteur.e lui.elle même, ce qui peut conduire à ce que le lecteurs le perçoivent de façon très différente de celle attendue (leur personnalité n'étant pas la même). 

- personnage directement inspiré des fantasmes de l'auteur.e, qui ne sont pas forcément ceux de son public (du moins pas dans les détails)

- personnage cliché (version plus du précédent)

Un flocon sur lequel je glisse

Il existe une méthode de préparation d'écriture dite "du flocon de neige" et considérée comme très bonne par beaucoup de monde. J'en mets également le lien en bas d'article, mais je n'ai jamais fait l'expérience de l'employer (je devrais essayer, mais il m'arrive d'être flemmarde)

En suivant les étapes de ce flocon, on conçoit les personnages en fonction de l'histoire à raconter. C'est sur cela que je bloque, car chez moi, ce n'est pas l'histoire qui fait le personnage mais le personnage qui fait l'histoire.

2018-Azami--04---300Je me questionnne beaucoup sur les gens.

 On a tous nos petites manies, nos gros questionnements. Cela fait partie des miennes. Que pense ce monsieur qui vient de poser son sac sur une chaise l'air soucieux ? Qu'est-ce qui rend cette dame au petit chien si grognon ? C'est comme ça. Si on m'offrait de posséder un superpouvoir pendant une journée, je choisirais la lecture dans les pensées (pas plus longtemps, parce que ce serait sûrement très vite "à devenir dingue").

Faute de pouvoir les lire, je peux les imaginer et m'en servir pour créer mes personnages.   

Les situations en lesquels je les place pour commencer à imaginer l'histoire (phase de préparation avant écriture) n'ont souvent pas grande originalité, et ce sera en les développant autour du personnage que je leur en apporterai (peut-être). 

Western, sauce sélénite

Un truc que j'aime beaucoup faire, aussi : le détournement de cliché. Prendre un type de personnage ou de situation et y introduire un grain de sable qui va tout faire dérailler. C'est selon ce principe qu'au départ de Howahkan, j'ai placé un avis de recherche fixé à un tronc d'arbre... et une femme chasseuse de primes pour l'en décrocher. 

A partir de ce grain de sable, dérouler la situation selon les vieux archétypes est impossible. Ce n'est pas pour autant une garantie d'originalité, car d'autres peuvent avoir eu la même idée. J'ai d'ailleurs aperçu quelque part des images d'une série ou d'un film présentant une variante féminine des personnages de OK Corral. Ne me demandez pas quelle série ou quel film : je n'ai pas la télé, pas Netflix, et je vais trop rarement au cinéma pour être accro aux bandes annonces, si bien que je n'ai pas retenu. Je m'en veux un peu d'ailleurs, car il pourrait être intéressant de savoir si mon grain de sable a produit le même type de déraillement.

Sur Howahkan, j'ai pris aussi le parti de traiter les affrontements en éludant au maximum la violence. Un choix qui n'est pas uniquement une question d'idéal pacifiste et encore moins de message à faire passer. Je n'avais simplement pas envie de m'auto-stresser avec une adondance de longs passages brutaux. Et voilà comment j'ai expédié mon roman loin des étagères thriller (genre qui se marie bien au western).

Ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas.

2018--Trappeur--03--250Mes personnages sont tous un peu des morceaux de moi, mais tous également des morceaux de personnes extérieures à moi et qui ont des comportements différents de ceux que j'aurais eu à leur place. Pour les rendre vivants, je me questionne beaucoup sur leurs motivations, leur vie, leurs caractères. Il y a donc beaucoup d'éléments imaginés pour eux qui ne sont pas employés dans le roman, ou pas développés.

Y compris pour les personnages secondaires qui, chez moi, ont autant le droit à une loge et à une garde-robe que les tête d'affiche.

Recylage de personnage

Il résulte de tous ces "à côté" des germes d'inspiration qui, parfois, se mettent à pousser dans une autre histoire. C'est ainsi que Martin, le personnage de mon roma années 40, est né comme personnage secondaire d'un projet de BD abandonné. Il avait beaucoup de matière totalement inemployée, destinée juste à lui apporter du mystère... et c'est justement cette immense zone d'ombe que j'ai explorée dans le roman.

La BD se serait déroulée un quart de siècle après le roman, également en contexte historique et avec forte focale psychologique. Le personnage ayant été secondaire, le roman n'est pas une préquelle. En fait, je me demande à présent comment je pouvais avoir perdu mon temps à imaginer une complexité pareille pour un personnage d'arrière-plan ! En effet, contrairement aux personnages secondaires de mes romans, il possédait bien plus que des amorces d'histoire. Je n'en avais pas une idée 100% complète (tout de même), mais c'est à force de cogiter sur lui que j'avais entamé la première version du roman (très différente de la version finale, écrite plusieurs années après).

sakura--200Ce projet de BD date à présent de 10 ans, mais je suis sûrement encore capable de "perdre" mon temps de la même manière... et probablement cela condurait-il à nouveau à du recyclage. Cependant, il vaudrait mieux que j'évite de le faire trop franchement, car le danger de produire une préquelle indissociable est assez évident. Pourtant, comme il y a dans Howahkan beaucoup de personnages qui ne possèdent pas un passé complet mais des petites amorces développables, il y aura sans aucun doute des "reprises" dans mes oeuvres.

Graines et germination

C'est d'ailleurs sur une de ces "amorces" que j'ai bâti le personnage central de mon deuxième western (en ccours d'écriture). Mais comme on ne connait de lui, dans le premier roman, que son nom (c'est un personnage d'arrière plan très arrière), le danger de préquelle est très réduit. On peut même considérer qu'on sort du recyclage puisque le questionnement constructif du personnage est intégralement effectué dans le cadre du nouveau roman.

Les petites amorces déposées dans le roman pour que le lecteur puisse imaginer le personnage produisant un effet de "graines" dans ma cervelle à moi.

Crayon en main

Il y a aussi beaucoup d'interractions entre ma ma planche à dessin et mon clavier. Les personnages de mes dessins sont rarement tout à fait inactifs et quand ils le sont, il y a toujours un décor. Je ne dessine jamais un personnage juste pour dessiner un personnage. Je dépose sur l'image des "amorces" du même genre que sur les personnages secondaires de mes textes.

trappeurs-trousseLe responsable des tonnes et tonnes d'amorces que je dispose ici et là, c'est un article paru dans Okapi à l'époque où je lisais ce journal (et même au début de la période où je le lisais, juste après Astrapi). Sur la page de droite, il y avait une grande illustration sans personnage, montrant juste un compartiment de train, avec un paysage à la fenêtre, un journal jeté sur le siège, une cigarette dans le cendrier, etc. Et sur la page de gauche, les explications du dessinateur à propos de la manière dont il avait conçu cette planche. Il y était notamment question d'éléments placés pour mette en marche l'imagination de la personne qui regarde le dessin.

Et ce qui m'a frappée, c'est que certains de ces éléments étaient quasiment invisibles. Comme la trace de rouge à lèvres sur la cigarette, que je n'avais pas remarquée mais qui donnait effectivement un petit air "très vrai" à l'objet.

De l'intérêt du détail sans intérêt...

Un autre élément de départ de Howahkan a été, tout bêtement, un dessin que j'avais réalisé quelques années plus tôt. Les personnages qui y figurent à l'avant-plan sont devenus Esther et Yaak'Os. A l'arrière, il y avait trois femmes qui sont devenues la mère et les soeurs d'Esther. Il y avait aussi un chien... qui n'a pas été repris, bien que j'aie souvent pensé que le petit frère et la petites soeurs (absents du dessin) aimeraient en avoir un.

Le roman et l'image se correspondent-il ? Je n'y ai pas réfléchi depuis longtemps. Mis à part le chien, je pense que l'image peut être considérée comme se déroulant pendant le début du roman.

Inversement, il m'arrive de dessiner mes personnages de roman. Cela peut se faire après l'écriture (pour me détendre pendant les corrections, par exemple), ou bien pendant (et m'aider à prendre les personnages bien en main).

2019-06-Atchoum--C----500Le dessin figurant sur la photo ci-dessus est actuellement en cours de réalisation (il ne sort pas des de mes archives) et en rapport avec le roman qui s'écrit. En dessinant, je pense aux personnages et ils se précisent dans ma tête.

Ce n'est pas systématique (loin de là). Le pauvre éternueur de l'image ci-contre n'a eu droit à aucune ligne dans aucun texte. Pourtant, il y a de la matière ! Il y a dix ans, je l'aurais peut-être fait... mais avec l'âge, j'ai appris à me discipliner et ne pas suivre toutes les inspirations qui se présentent.

Trop de textes en cours, trop de textes en cours, trop de trucs divers et de projets variés, c'est un bon moyen de n'en finir aucun. Il faut savoir mettre les idées de côté, et les laisser reposer jusqu'à germination, acceptant le risque qu'elles puissent aussi s'endormir totalement.

 Reprises et hommages

Reprendre un personnage trouvé dans une lecture ou un film, et l'inclure dans un texte à soi, c'est ce qu'on nomme de la fanfic (alias fanfiction ou fan fiction) et c'est soumis à une règle stricte et très contraignante : le texte ne pourra être édité que si l'auteur ou l'ayant droit de l'oeuvre d'origine est d'accord.

2019-09-21--Jeff-Bill----dessin-vu-dessusOn peut reprendre Lancelot parce que les oeuvres de Chrétien de Troyes sont dans le domaine public, de même qu'Hercule, parce que c'est un personnage de légende, mais pas James Bond, parce que Ian Flemming est mort depuis moins de 70 ans, et encore moins Harry Potter dont l'auteure est encore en vie.

Mais on peut s'en inspirer pour créer d'autres personnages... à condition d'arriver à les rendre suffisamment différents (il ne suffit pas de changer le nom).

Je suis tentée de dire qu'il vaut mieux éviter, mais moi-même m'inspire parfois de personnages rencontrés ailleurs. Seulement, je les transforme très vite, parfois beaucoup plus que je n'en avais l'intention au départ. Une fois lancée, mon imagination retaille et brode rapidement autour du point de départ. Je le fais cependant assez peu, et jamais en m'attachant au personnage.

 

 

 Les liens promis plus haut dans l'article

Test de Mary Sue. Ou comment savoir si, au lieu de l'adorer, vos lecteurs ne risquent pas d'être irrités par votre personnage ?

le test est affreusement long... et je n'aurais pas été fâchée de pouvoir le télécharger afin de le remplir peinarde dans mon fauteuil.  Alors je vous le mets en fichier .doc

 

La méthode du "Flocon de neige" pour écrire un roman

 

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Commentaires
E
Je vais tenter le test mary-sue pour me donner une idée, mais pas sûre que ça m'aide beaucoup.<br /> <br /> Je ne travaille habituellement pas tellement consciemment sur mes personnages, mais ces derniers temps j'ai bien envie de dresser un peu leur portrait psychologique. Leurs "messages contraignants", leur plus grande peur, leur plus grand regret, etc. Leurs motivations (intrinsèques ou extrinsèques) et leurs valeurs. C'est en recherche !<br /> <br /> Par contre, je ne sais pas dessiner, donc au contraire de toi je le fais très peu !
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Ma pomme de sélénite

J'écris en
Western / années 40 /
Urban Fantasy
Space Opera /
Anticipation

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Croquons la lune à pleines dents:
elle repousse toujours ...
(devise sélénite)

V--Howahkan

Howahkan. - roman
   Western.
       1867. Nouveau Mexique.
         Où les pistes s'entrecroisent...
                                    Achevé
                           Autoédition en cours


Ange Martin.- roman
   Psycho & Hstorique.
      Certaines déchirures
         ne guérissent jamais.
                                    Achevé

V--Martin

Tutore Noctis.- Série de grosses nouvelles
   Urban Fantasy.
      Y'a des accidents de travail
        qui vous changent l'éternité...
                                     Ecriture par ci
                                         Peaufinage par là.

Errances Galactiques.- roman
   Space Opera.
      Un peu d'agitation humaine
         dans le calme infini des Etoiles.
                                   En cours de peaufinage.
Encore sans titre.- Roman
   Western.
      Le calme ne se prend pas
          au piège comme un castor...
                                   En cours d'écriture.

Contes divers.

ICI = Bilan des travaux en janvier 2020.

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Sinistre DiscoBall.
   OLNI psychologique.
     Chacun ses espoirs et ses envies
         qui les atteindra ?
                          Publication sur un autre blog
                                 à partir de janvier 2020.

a-la-plage--200--NB--inversé 

Une large majorité des extraits
présentés ici est prélevée sur des
textes inachevés et en cours de travail.

 Pour retrouver mes dessins
sur mon autre blog  : 
cliquez ICI.

 

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