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Textes, lectures et crobards sélénites
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7 novembre 2020

Librairies et confinement

Cet article reprend partiellement un post fait jeudi sur facebook.  

Jeff-Bill-livres-L500Comme au confinement du printemps, la fermeture des "commerces non-essentiels" amène à s'interroger sur ce qui est ou n'est pas "essentiel" (ou ne pas s'interroger), ainsi qu'à réflechir sur la vulnérabilité de certains commerce et les effets de concurrence plus ou moins déloyales. La question des librairies a fait apparaitre une pétition, signée entre autre par des grands noms du monde du Livre.

Je n'ai pas signé cette pétition, ni aucune autre allant dans ce sens.

Étant auteure, je ne peux être insensible à la question des librairies, mais sur leur maintien ouvert en ce temps de confinement, je suis "Contre". Bien que très attachée à l'existence des petites librairies indépendantes, les garder matériellement ouvertes me semble une "fausse bonne idée".

L'argument brandi pour défendre l'indispensabilité des librairies est en général que l'art et la littérature permettent aux confinés de ne pas devenir dingues à force de tourner en rond dans leur appartement. Argument que je respecte, et même partage, mais que je ne pense pas suffisant. On parle aussi de la concurrence d'Amazon, qui tirerait profit de cette fermeture et tuerait ainsi des commerces déjà mal en point. Là aussi : pas suffisant, du moins à mes yeux.

Certes, la lecture peut servir de radeau de sauvetage pour ne pas sombrer dans le désespoir pendant le confinement, mais souvenons-nous que (dans l'immédiat), ledit confinement n'est censé durer qu'un mois. Sauf pour les gros lecteurs capables d'avaler un ou deux livres par jour, ce n'est pas si énorme que ça. Beaucoup de gens trouveront dont leur pâture dans leurs étagères.

Sans titre 5h-500-bEnsuite : le livre numérique. Beaucoup de gens l'associent à Amazon, mais c'est très loin d'être synonyme. On peut aller chercher des Ebooks sur d'autres sites de vente, ainsi que (tout simplement) sur les sites des éditeurs. Dans les deux cas, on trouvera aussi des livres papier, livrés à domicile.

Pour les lecteurs économes, il existe des sites d'E-books gratuits sans piratage mais avec uniquement des ouvrages en "domaine public". Pas la peine d'espérer y trouver les titres de la dernière rentrée littéraire, mais il y a tout de même des lectures passionnantes à y découvrir. J'en suis fervente adepte, et le recommande à tous ceux qui veulent se cultiver hors des sentiers battus et raconter à leurs amis des trucs qu'aucun n'aura lus.

Pour ce qui est de l'essentialité de la Culture, voilà déjà de quoi être rassurés !

Il reste le danger que les confinements et mesures restrictives font peser sur les commerces, dont les librairies.

Au risque de faire un jeu de mots idiot avec une évidence :
il ne faudrait pas tuer les libraires
par crainte de voir mourir les librairies
.

L'enfer est pavé de bonnes intentions...

Il y a des librairies, même petites, qui offrent des livraisons ou du drive. Certaines librairies indépendantes se sont même organisées en collectif où la commande peut se faire, avec retrait sur la librairie locale.

Boby-Kun--B--500--cComme beaucoup de gens, la fermeture des librairies m'ennuie au plus haut point, mais réclamer leur réouverture reviendrait à exiger celle de tous les commerces. S'il faut être objectif : les librairies ne sont pas plus "de première nécessité" que les commerces de vêtements (dans mon cas : plutôt leurs rayon mercerie). D'ailleurs... pendant le premier confinement, j'ai écrit (en me forçant un peu), dessiné, cousu (énormément), cuisiné et soigné mes pots de fleurs mais assez peu pratiqué la lecture, faute de trouver un livre sur lequel j'arrive à me concentrer véritablement (trop stressée).

Je n'ai jamais rien acheté sur Amazon et ne fais donc pas partie de ceux qui, faute de pouvoir aller chercher leur livre à la librairie du coin ou chez Cultura, iront le commander sur ce giga-marché virtuel. Pas plus que je n'y ferai des achats compulsifs de vêtements. Il serait intéressant de savoir si toutes les personnes qui parlent du danger que les lecteurs aillent chercher le livre sur Amazon peuvent en dire autant.

De toute façon, j'ai une pile à lire assez grande pour m'occuper pendant cinquante ans (peut-être même deux cent ans, si je prends mon temps)... alors je peux attendre un mois ou deux ! Tiens... à l'occasion, il faudra que je compte les livres présents chez moi. Tous les gros lecteurs ont sûrement une réserve aussi ample que la mienne, et pas plus de besoin immédiat de faire des provisions. Ils savent aussi qu'un livre peut éventuellement se relire.

2018-Martin-famille-detailAux sites des éditeurs, aux commandes sur les sites de librairie et aux Ebook en domaine public, on peut ajouter les blogs et sites d'auteurs, soit pour y chercher des extraits, soit pour découvrir les coulisses de l'univers du Livre. Les amateurs de Culture seront sûrement ravis de l'aborder par des angles inhabituels !

La lecture et les arts peuvent sauver
de l'enfermement confiné,
c'est un fait.
Faut-il pour autant
mettre les employés des librairies
en danger,
ainsi que les autres clients ?

Car c'est de cela qu'il s'agit.

D'ailleurs, les gens qui réclament la réouverture des librairies et ont obtenu la fermeture du rayon librairie des supermarché oublient de mentionner que les premiers bénéficiaires de cette réouverture ne seront sans doute pas les petits libraires indépendants mais les grosses enseignes comme Cultura ou la Fnac, car on peut y trouver plus de choses en moins de temps. Arts créatifs, jeux de société, manette pour jeux vidéo... à quoi bon se rendre dans six magasins, quand un seul suffit et que les consignes Covid sont de rentrer chez soi le plus vite possible ?

Crayonne-personnagesEn parlant de bénéficiaires : dans les petites enseignes, le patron participe à la vente alors que dans les grandes enseignes, les employés sont seuls exposés à une potentielle contamination. Au printemps, j'ai vu passer, comme à présent, des réclamations pour garder les librairies ouvertes... puis des protestations de libraires ne voulant pas s'exposer et exposer leurs clients.

Autrement dit : les avis n'étaient pas unanimes ! Or... si on accorde aux librairies le droit de rouvrir, ce sera aux libraires de décider s'ils restent fermés, et quand on discutera des aides à accorder aux commerces fermés lors des confinements, le choix d'être restés fermés pourra les pénaliser (puisqu'ils auraient pu rester ouverts). Ouverture qui, pour les petites librairies indépendantes (les plus vulnérables), se fera pour un nombre de clients à la fois trop faible pour être rentable et trop important pour garantir la sécurité sanitaire. 

Leur offrir de rester ouverts est donc un cadeau doublement empoisonné.

N'oublions pas que dans une librairie, on va rarement droit au livre puis à la caisse. On flâne, on observe, on feuillette. Premier souci : un livre (ou étalage de livre) n'est pas facile à désinfecter, ce qui signifie un potentiel passage de germes par livre interposé. Deuxième souci : la flânerie dans les rayons sera contradictoire avec l'impératif de limiter le nombre de clients dans le magasin. Que celui qui n'a jamais traîné une demi-heure dans un rayon livres sans arriver à se décider dise le premier que je mens !

2020-11-05-rayon-chaussettes--bisBref... si vraiment il y a urgence à acheter un livre, renseignez-vous pour savoir si votre librairie locale prend des commandes et s'il faut aller les retirer ou si elles sont livrées. Si vous avez du stock ou ne faites pas partie des anti-liseuse, éclusez votre pile à lire et/ou procurez-vous des Ebook.

Un détail : les livres au format kindle sont spécifiques à Amazon, et il y a des liseuses qui ne peuvent lire que cela. Si c'est le cas de la vôtre : tant pis pour vous. Sinon, procurez-vous des livres en format Epub.
 

Ccompléments-bonus à cet article...

Mon post facebook de jeudi dernier : klik ICI.

La pétition sus-évoquée a été l'objet d'un topic sur un forum d'écriture que je fréquente assidûment.
Ce topic a vu développer des avis "contre" beaucoup plus argumentés que le mien (qui est très superficiel).

J'ai contacté deux intervenantes pour leur demander l'autorisation de reprendre partiellement leurs posts.

La première est enseignante

 Au CDI (mon antre de prof-doc), il faut sans cesse vérifier que les élèves aient les mains désinfectées avant de manipuler le moindre livre, qu'ils ne soient pas trop nombreux, ne s'approchent pas trop les uns des autres et désinfecter toutes les chaises et tables après leur passage.

J'imagine que l'ouverture des librairies serait soumise à un protocole plus ou moins similaire et je vois difficilement comment la chose pourrait être viable, sachant que l'on y maîtrise moins les aller et venues du public.

Mon cœur me dit que les librairies doivent rester ouvertes, mais ma raison me dit l'inverse et sur une question si grave, pour moi, c'est la raison qui prévaut.

  La deuxième est infirmière

 Je ne suis pas sûre que les librairies posent un réel souci en soit. L'afflux de masse ne s'y prête pas et honnêtement il y a quand même pas beaucoup de gens en même temps. Mais la fermeture des commerces non essentiels a surtout pour but de diminuer les rassemblements. Combien de fois, je ne suis pas tombée sur des groupes de gens sans masques dans les parking après leur emplettes.

Pour beaucoup de gens, le covid n'existe pas. N'est qu'une très légère grippe. Oui il y a plus de mort de la grippe mais la grippe se propage moins vite.  Perso, j'invite tout les septiques à venir faire un tour dans nos unités covid.

[Attendre pour acheter des livres] est un mal pour un bien. Même si je suis entièrement d'accord que nous ne nous débarrasserons probablement jamais du Covid 19 mais nous allons devoir apprendre à vivre avec lui en attendant un éventuel vaccin qui comme celui de la grippe ne sera jamais totalement efficace.

Concernant le "plus de morts" : en chiffres bruts, selon les chiffres grippaux d'une année. Il est trop tôt pour dire ce que peut produire le covid sur une année, mais il est probable que ce sera plus élevé. Quant au taux de contamination, il est proche de celui du rhume (c'est à dire élevé).

Un article du magazine Actualitté... 

La réouverture des librairies peut-elle se faire en toute sécurité ?

Avant même le confinement, trois organisations du livre (Syndicat national de l'édition, Syndicat de la librairie française et Conseil permanent des écrivains) demandaient au gouvernement de garder les librairies ouvertes, malgré le confinement. Peine perdue, mais le combat pour la réouverture de ces commerces bat son plein.

https://www.actualitte.com

 Et moi, dans tout ça ? Quels sont les inconvénients que je subis de façon collatérale aux libraires ?

Le terme "dommage collatéral" est gros, je ne le nie pas (et l'ai même choisi exprès), mais c'est un peu de cela qu'il s'agit. Lecteurs et/ou auteurs, nous nous intéressons aux librairies parce que nous en avons besoin ou estimons que c'est le cas.

Main-dessin-de-pres--s---250A titre de lectrice : comme dit plus haut, j'ai du stock, aussi bien en papier qu'en numérique. Sans compter deux bétalectures (lecture de textes non publiés, pour donner un avis critique à l'auteur). Je n'ai donc aucun besoin urgent d'aller dans une librairie.

A titre d'individu disposant de trente journées de vingt-quatre heures : novembre est le mois du Nanowrimo, un défi d'écriture consistant à pondre 50.000 mots en un mois. Il se trouve que je m'étais accordé de le faire, afin de faire une pause dans les peaufinages et corrections de mes différents textes déjà achevés. Autant de temps durant lequel je ne me demanderai pas ce que j'ai envie de lire !

A titre d'auteure : je n'ai aucun livre en rayon nulle part, mais la situation me perturbe. Tous mes calculs à propos du lancement de mon livre auto-édités en ont été démontés. Notamment mon projet de faire une exposition de dessins au moment du lancement, ainsi que mes démarches auprès de petites librairies pour y tenir des stands avec mon livre. Elles ne m'ont répondu ni "oui", ni "non" mais juste "apportez le livre pour qu'on le lise" (bon... du coup, j'ai du temps pour continuer de fignoler). J'avais aussi entamé l'an dernier un repérage de cafés et restaurants où le Western pouvait avoir ses chances, en stand et/ou mini-expo. Pour les démarcher, il faudra attendre... voire probablement renoncer. Il y avait aussi un magasin de DVD. Lui, c'est très simple : le premier confinement a eu sa peau .

Sorciere-250Cela me donne du temps pour mieux préparer le livre, puis-je me dire... oui, bien sûr. Mais jusque quand cela durera-t-il ? Est-ce que les petits libraires survivront ? Quel sera le niveau de dommages subi par les gros ? Est-ce qu'on va zig-zaguer de confinements en déconfinements à limite de clients dans les magasins ? Inutile de faire un dessin (ou revenir en début d'article).

A titre de personne stressée : tiens ? encore un hélico qui passe au-dessus de l'immeuble pour aller au CHU... (hé oui... j'habite près d'un CHU, et il passe plusieurs hélicos par jour). En mai, après deux mois à l'entendre plusieurs fois par jour, ce bruit me raidissait la colonne vertébrale.

A titre de personne ayant envie de préparer ses cadeaux de Noël sans attendre le solstice d'hiver : là, c'est emm... parce que les courses tardives, je les ai pratiquées assez longtemps pour avoir décidé un jour de ne plus jamais m'y laisser acculer et ai l'habitude de les effectuer en mode lèche-vitrines. Tant pis. Je serai déjà bien contente (et même plus) si 2020 comporte une fin d'année en famille.

De tout cœur :
plein de bonnes ondes aux libraires et aux librairies
(surtout les petites),
en espérant les retrouver à temps pour les courses de Noël

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Ma pomme de sélénite

J'écris en
Western / années 40 /
Urban Fantasy
Space Opera /
Anticipation

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Croquons la lune à pleines dents:
elle repousse toujours ...
(devise sélénite)

V--Howahkan

Howahkan. - roman
   Western.
       1867. Nouveau Mexique.
         Où les pistes s'entrecroisent...
                                    Achevé
                           Autoédition en cours


Ange Martin.- roman
   Psycho & Hstorique.
      Certaines déchirures
         ne guérissent jamais.
                                    Achevé

V--Martin

Tutore Noctis.- Série de grosses nouvelles
   Urban Fantasy.
      Y'a des accidents de travail
        qui vous changent l'éternité...
                                     Ecriture par ci
                                         Peaufinage par là.

Errances Galactiques.- roman
   Space Opera.
      Un peu d'agitation humaine
         dans le calme infini des Etoiles.
                                   En cours de peaufinage.
Encore sans titre.- Roman
   Western.
      Le calme ne se prend pas
          au piège comme un castor...
                                   En cours d'écriture.

Contes divers.

ICI = Bilan des travaux en janvier 2020.

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     Chacun ses espoirs et ses envies
         qui les atteindra ?
                          Publication sur un autre blog
                                 à partir de janvier 2020.

a-la-plage--200--NB--inversé 

Une large majorité des extraits
présentés ici est prélevée sur des
textes inachevés et en cours de travail.

 Pour retrouver mes dessins
sur mon autre blog  : 
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