2° level up... troisième niveau de classification. Ca devient hard... mais pas toujours inutile à connaître.  

 Au-delà des genres larges, et de la classification simple et brute, il existe des sous-genres, qui permettent de nuancer (ouf !!! à la bonne heure !!!).   

Comme en mathématiques...  

En termes d'urbanisme, on peut définir des ensembles stricts. En mathématiques également, mais il existe pas mal de chiffres (ou de points, en géométrie), qui font partie de plusieurs ensembles. En littérature, non seulement les intersections sont fréquentes, mais les ensembles sont en permanence susceptibles d'être redéfinis.  

Histoire de ne pas me fatiguer, j'avais pensé blablater sur des genres que je pratique, et qui sont présents sur le blog. Mais comme je vais causer aussi de leurs petits et grands frères, cela va m'être difficile.  

2017-Voilier-200-sFantastique, Merveilleux & Faérie.  

Le Merveilleux est un genre ancien, et un peu oublié, au milieu des nombreux genres de l'Imaginaire. Il se rapporte à des histoires où on quitte le Réel pour l'Imaginaire. Le surnaturel n'es pas toujours très net. Comme dans un rêve, la logique des choses se modifie. Pour que le héros, issu du même monde que nous, puisse vivre ses aventures, il s'effectue unn passage d'un univers à l'autre. Cela peut être géographique ou se manifester par un élément déclencheur (personnage, objet, action...). Beaucoup de romans courtois font partie de cette catégorie. Les croyances, à l'époque, étaient plus fortes que de nos jours, ce qui favorise la juxtaposition réel/irréel.

La Faérie ressemble au Merveilleux, mais le surnaturel y est moins flou. Elle aussi est un peu oubliée, et pourtant, elle est fréquente dans les livres d'enfants. ancêtre de la Fantasy. La présence surnaturelle y est plus évidente.

Dans un cas comme dans l'autre, je soupçonne une influence du poids social de l'Eglise. Au Moyen-Age, le Merveilleux permet de se raccrocher à l'Onirisme pour ne pas flirter avec l'hérésie ou la sorcellerie. Au XVII°, la Faérie permet de suggérer des notions que la morale interdit d'évoquer à voix haute (notamment la sexualité).

Dans un cas comme dans l'autre, les auteurs auraient peut-être, de nos jours, foncé droit sur la Fantasy...

Le Fantastique, enfin, se traduit par une intervention surnaturelle en univers réel. Le passage sera flou, difficile à placer, mais l'apparition de l'Irréel doit être nette. C'est un élément contraire à la normale, et donc étonnant, voire inquiétant. Le goût du XIX° pour l'Etrange et le "sombre" a-t-il été le terreau où ce genre a poussé ?

Le terme "Fantastique", de nos jours, s'emploie souvent pour désigner tous les genres où intervient le surnaturel. On trouve ce flou chez les lecteurs mais aussi chez les éditeurs. Il en existe toutefois qui demandent bel et bien du Fantastique, "et non de la Fantasy".

Onirisme, Absurde & Etrange...  

L'Onirisme est assez proche du Merveilleux. On flotte. On ne sait pas bien ce qui est réel. Le surnaturel a le droit d'intervenir et il est impossible de déterminer s'il est à sa place (pas plus que la logique ordinaire, d'ailleurs). Lequel s'assimile facilement à un embranchement du Fantastique.

L'Absurde a été fort pratiqué au temps du Surréalisme. Sans être totalement abandonné, il est à présent plutôt un qualificatif pour des sous-genres. Comme dans le Merveilleux, il est inutile de s'étonner, même si on est mal à l'aise au milieu de ce gloubi-boulga de réel et d'irréel, de logique et d'illogique (l'anormal est normal). 

Avec l'Etrange, l'anormal est anormal... et pourtant, pas forcément illogique. On peut trouver des explications, mais le doute persistera, même si elles sont suffisantes. 

Au lycée, on m'a fait aborder ces trois-là comme des genres (et je n'ai rien contre, car j'apprécie beaucoup les "flous" qui les composent), mais de nos jours, ce sont plutôt des qualicatifs de sous-genres... voire de simples ingrédients !  

Fantasy & C°...

Elfes

Fille de la Faérie, et de l'Epique (+ un zeste de Mythologie), la Fantasy est née dans ce qu'on nomme à présent Heroic Fantasy. On pourrait définir celle-ci comme du conte de fées pour adultes. La High Fantasy en est une petite soeur encore plus héroïque. A l'inverse du Fantastique où l'irréel fait irruption dans le réel, ce sera cette fois le réel qui se balade au coeur de l'iréel. L'univers a ses propres règles, qui ne sont pas celle de notre monde, même si elles peuvent lui ressembler (histoire que le lecteur ne perde pas totalement pied). Les personnages peuvent être de nature surnaturelle (magicien, elfe...) mais ce n'est pas obligatoire.

Quand j'étais au lycée, c'était déjà un genre très à la mode, et qui voyait naître des sous-genre le prenant à contre-pied en "déshéroisant" les héros. Il faut dire que le grandiose est un ingrédient très visible, dans la "Hight" (l'aspect épique...). De nombreux sous-genres en sont nés. Portal Fantasy (pour ceux qui ont besoin d'une porte pour quitter le réel), Low Fantasy (en délaissant les hauteurs héroïques pour redescendre dans la vallée du normal), Dark Fantasy (versant horreur), Light Fantasy (versant humour)...

L'Urban Fantasy (ou fantaisie urbaine, pour les puristes de la langue française) est un genre récent, et que tout le monde (même auteur de) n'accepte pas. Du fait de la commune proximité du Réel et de l'Irréel, elle est souvent confondue avec le Fantastique. Il faut dire que la dénomination "Fantasy" est assez trompeuse (et à mon sens, celle de "Fantaisie" l'est encore plus). Au lieu d'aller chercher l'iréel chez lui, on va l'amener chez nous. Vous aurez un loup-garou comme voisin de pallier, vous croiserez des vampires au cinéma (etc.). Cette cohabitation du réel et de l'irréel est en effet commune avec le Fantastique, cependant, si les personnages peuvent être surpris de découvrir du surnaturelle à côté d'eux, la narration n'est pas effectuée pour que le lecteur le soit aussi. 

Après tout...
on découvre tous les ans des espèces animales inconnues...
alors pourquoi ne découvrirait-on pas demain q
ue les créatures de légende n'ont pas été inventées?

La Fantasy (en tous ses sous-genres) possède de nos jours autant de fans que de "j'aime pas". Sans prétendre que personne n'y est insensible, il faut tout de même reconnaître que les avis sont souvent très tranchés, et qu'une importante typologie des personnages et situations s'y est développée, créant un risque de "cliché".

Sur le site des Editions Pocket Jeunesse, l'Urban Fantasy est expliquée / définie ainsi : « A la frontière entre la fantasy et la fantastique, l'urban fantasy, appelée aussi fantasy urbaine, associe un univers urbain familier, généralement contemporain, et des éléments fantastiques, comme des créatures surnaturelles ou de la magie. Le cadre citadin de l'intrigue est primordial pour qu'un roman appartienne à ce genre.  »

Autrement dit : même sans croiser de vampires, loup-garous, anges (etc.), on peut se trouver en Urban Fantasy. De même qu'en Héroïc Fantasy, le surnaturel peut n'être présent qu'au travers de  la magie. Cela ne facilite aucunement le distingo d'avec le Fantastique !

Dracula (Bram Stoker)

Relevait au XIX° du Fantastique, et est encore défini comme tel. Pourtant, à bien y regarder, l'Urban Fantasy est son descendant direct. Le surnaturel y est soupçonnable dès le début, et devient certain assez vite. Il reste pourtant une importante dose de flou, qui le maintient en Fantastique (de justesse, ai-je envie de dire). Rencontrer un être surnaturel au coin de la rue n'a rien de rassurant ni de normal. Pourtant, il est bel et bien là. On pourrait dire, ici, qu'en Urban Fantasy, la présence surnaturelle est normale. Elle ne l'est de façon systématique que dans le scénario de l'auteur. Pour les personnages, il est fréquent que cela n'ait rien de normal du tout, bien que non systématique. En fait, la grosse différence est dans la façon que les être surnaturels et naturels ont de se côtoyer. J'ignore s'il existe une "Dark Urban Fantasy" comme il existe une "Dark Fantasy", mais si cela est, on pourrait peut-être l'y faire rentrer.

La différence est peut-être au niveau du point de vue, qui est strictement humain, et n'entre pas en "contact psychologique" avec le surnaturel.

Sherlock Holmes (Arthur Conan Doyle)

Que fait-il là, ce cher homme ? Hé bien, je l'ai invité pour illustrer l'Etrange. J'aurais pu aussi bien faire appel à Mulder et Scully, car l'Etrange est un excellent ingédient de suspens, et par là, voisinne volontiers avec le Polar, genre très réaliste, ainsi que chacun sait. La première raison que j'ai de faire appel à ce bon Sherlock est la perception que sa clientèle et Watson ont de lui : un véritable magicien. Il est capable de deviner et résoudre tous les problèmes (comme les marabouts dont nous avons tous trouvé un jour le prospectus dans notre boite aux lettres, il est capable de deviner et résoudre tous les problèmes. Et pourtant non. Il n'est pas devin, juste rès au fait de beaucoup de disciplines marginale à cette époque mais de nos jours fréquemment employées, et sans aucun doute surdoué.

Non, effectivement, tout cela ne relève pas du surnaturel... mais justement. L'Etrange voisine avec lui, sans en faire partie. Quelque part, il est un intrus sur cette page !

Le Seigneur des Anneaux (Tolkien)

Là, personne ne va se demander... Père de la Fantasy, Tolkien explique dans "Faérie" avoir voulu faire du conte de fées (ou le remastariser ?). C'est un incontournable, mais que je vais contourner, parce que simplement, je n'aime pas beaucoup la Hight Fantasy (ce qui ne veut pas dire que je n'en ferai jamais... j'adore me frotter à ce qui ne me semble pas évident). Que voulez-vous... on m'a traumatisée avec Bilbo, quand j'étais en 6°.

 

Prochain épisode : Science-Fiction & C°. 

 Généralités sur les genres : ICI.   Les genres de l'Imaginaire, côté science, LA.

Mètext onn' ze blog...

Tutore Noctis.  Série Urban Fantasy.